Editorial

Cacophonie

Cacophonie

Une partie de Burundais ont cru en eux et continuent à leur faire confiance malgré moult déceptions. Endoctrinés, voire embrigadés, plusieurs jeunes les avaient idéalisés, qui ont payé un lourd tribut : emprisonnement, exil, certains ont même perdu la vie.

A l’heure qu’il est, c’est la désillusion, l’impasse, voire le regret…Ils sont déroutés par la brouille, la cacophonie, au sein du Cnared, cette plateforme de l’opposition, en passe de devenir une véritable Tour de Babel.

Alors que les échéances politiques cruciales pour l’avenir du Burundi approchent, ce sont des querelles entre ses membres, la guerre des égos qui reprend.

Neuf partis politiques viennent d’adresser à son président une lettre lui demandant de convoquer urgemment une réunion statutaire du Directoire. « Nous nous devons sans tarder de régler la crise profonde qui risque de saborder notre plateforme politique avant de répondre à quelque rendez-vous que ce soit.»

La réunion devrait avoir lieu dès la réception de la correspondance. Son absence « suspend les activités du comité exécutif dont fait partie le président du Cnared et prive d’effet toute décision prise par ce dernier en l’absence de nouvelles orientations du Directoire.» Disons le net : le torchon brûle au sein du Cnared, le malaise est là. La situation semble s’enliser. Au moment où nous mettons sous presse, la séance réclamée n’a pas encore eu lieu.

L’envoi de cette « missive », le 18 mars, coïncide avec l’appel des Burundais par le Chef de l’Etat au référendum constitutionnel pour le 17 mai. Le calendrier est connu. Des modifications profondes sont prévues dans cette Constitution.

Les demandes du Cnared à Bujumbura de respecter l’Accord d’Arusha et de surseoir au ’’processus unilatéral’’ de révision de la Constitution semblent pour le moment caduques.

Cet embrouillamini risque de mettre une croix sur les espoirs du ’’forum citoyen’’ lancé il y a quelques jours, ’’pour tenter d’empêcher la tenue du référendum constitutionnel’’ décrié.

Est-ce l’heure des querelles intestines, du leadership, des chicaneries liées aux ambitions politiques personnelles ? Face à l’enjeu du moment, le Cnared se devait de jouer le rôle de toute opposition responsable : proposer des alternatives à la politique de la majorité en place, avec un calendrier et un agenda politique précis. Sinon, le risque est grand de perdre ceux qui ont fait confiance en cette alliance, qui ne lui pardonneront pas devant l’histoire.

Forum des lecteurs d'Iwacu

10 réactions
  1. Gacece

    @Gacyecye
    Je ne parle pas « rwandais »! C’est indigeste de parler ou de ne pas parler dans son pseudo « rwandais »!

  2. Gacyecye

    Il n’y a pas plus indigestes que les commentaires de Ayahu Jean Pierre

  3. kabingo dora

    @Léandre
    Un éditorialiste qui tire sur le CNARED , il ne manquait que cela . Prenez votre costume du FDD-CNDD et cessez donc de nous enquiquinner avec vos édito bidons.

  4. Ayahu Jean Pierre

    A vous Gihugu,
    A vous Karayenga,

    Vos commentaires sont indigestes, longs et n’apportent rien de nouveau par rapport aux commentaires de Léandre.
    Que vous le vouliez ou pas, le CNARED fut une création artificielle, un outil au service de quelques intérêts. Le CNARED est à l’image d’un/une prostitué/e qui, après avoir vendu ses charmes au premier passant, se retrouve à la case départ, dans l’attente du suivant….Pour dire que le CNARED n’intéresse que ceux qui l’exploite et non le peuple burundais qui par ailleurs, se fiche t de son existence!

  5. Antoine-Marie Kana

    Mon cher Athanase, on sait, on sent que tu as le verbe facile. Tu es le prototype d’un beau parleur. C’est aussi le fort des démagogues.
    L’éditorialiste a raison. Il ne fait que faire un coup d’œil au CNARED qui se fait passer pour représentant de l’opposition “dure” burundaise. Tout lecteur comprendrait sa colère qui doit être de tout ce mouvement qui ne rêvait que d’un véritable contrepoids du pouvoir en place.
    Comme il le dit bien, l’ heure ne devrait pas être aux chicanes ou aux “intérêts privés” comme tu le dis. Comme partout ailleurs, le Burundi a besoin d’une opposition forte capable de faire des pressions légitimes et légales sur le pouvoir en place. La défense que tu apportes aux divisions malheureuses au sein du CNARED n’est pas constructive. A ta place, je les conseillerais de se mettre derrière un Seul Chef et lui doter de cette autorité de Chef qui parle et qu’on écoute. Au lieu de faire du bruit a propos du titre de “Guide Eternel” que le parti au pouvoir attribue a son chef, on devrait penser rapidement a investir une autre forte personnalité qu’on va lui opposer. Sinon, si on pense qu’on ne pourra jamais le battre, pourquoi ne pas le rejoindre, en attendant mieux.

  6. Gacece

    Alors comme cela il y aurait déjà 2 camps avérés!… Je présume que d’un côté il y a un camp « démocratique » et d’un autre, un camp « Pacifique »!

    Ha! Quelquefois en observant bien, la vérité finit par transparaître à travers un tissu cousu de fil blanc! Allez savoir comment j’ai pu déceler cela!

    Je me demandais d’où sortait cette soudaine mesure dans les propos d’Athanase Karayenga, par rapport à la virulence à laquelle il nous a habitué! Tout ça pour ça!

    « Muragaba inzu yabahiranye bagabo! »

    Lu et consigné!

  7. Gihugu

    Où est mon long commentaire svp???

  8. Athanase Karayenga

    Mon cher Léandre,

    Permets-moi d’intervenir dans ce débat pour te donner un éclairage personnel sur le conflit entre les partis appartenant à la plateforme politique du CNARED objet de ton éditorial.

    J’ai participé à la dernière réunion organisée par le Comité de Gestion de la Crise basé en Belgique et qui, en Juillet 2015, a eu une très bonne initiative en organisant à Ciney, près de Namur, une rencontre entre plusieurs membres de la diaspora burundaise et des hommes politiques de premier plan qui venaient de rompre avec le régime de Bujumbura.

    C’est au cours de cette réunion qu’est né l’idée d’une plateforme rassemblant tous les partis qui s’opposent au troisième mandat de M.Pierre Nkurunziza. Cette réunion a précédé celle d’Addis Abeba au cours de laquelle le CNARED a été formellement créé.

    J’ai participé au Forum Citoyen de Leuven, du 9 au 11 mars 2018 qui, a vu naître une nouvelle dynamique associant le CNARED aux autres organisations qui oeuvrent, chacune dans son secteur, dans le cadre d’une résistance démocratique et pacifique contre le régime actuel au Burundi.

    Entre ces deux réunions, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le CNARED, malgré de multiples péripéties entre partis politiques qui composent cette plateforme politique a fait un travail politique et diplomatique considérable et remarquable. Sachons lui reconnaître ce mérite et lui en être reconnaissants.

    Le CNARED a suscité, depuis sa naissance, beaucoup d’espoir dans l’opinion publique nationale et a donné de la crédibilité à la résistance démocratique auprès de la communauté internationale.

    Le CNARED a certes beaucoup de défauts dans son mode de fonctionnement et étale trop souvent les rivalités et les contradictions internes. Cependant, il ne faudrait pas jeter le bébé et l’eau du bain.

    Par ailleurs, il est normal et courant que des plateformes politiques se forment et se disloquent au bout d’un certain temps. Si le CNARED devait éclater demain en deux plateformes politiques composées de partis qui s’entendent mieux entre eux sur un autre agenda politique, il ne faudrait pas s’en émouvoir outre mesure.

    La vie des organisations politiques, dans tous les pays du monde libre, connaît des dissensions, des séparations passagères ou des divorces définitifs. Le paysage politique est toujours mouvant et instable. Car la règle fondamentale entre les partis politiques, c’est la compétition entre les programmes politiques et surtout entre les personnalités qui les portent et les proposent aux électeurs.

    Le soleil continuera donc de se lever à l’Est et à se coucher à l’Ouest même si le CNARED éclatait en deux plateformes politiques. N’en doutez pas et n’en soyez ni effrayé ni découragé.

    Une chose est certaine. Les deux sensibilités qui s’affrontent au sein du CNARED sont légitimes et respectables chacune dans sa vision politique. Il se fait que je parle aux uns et aux autres et que j’ai infiniment de respect pour les uns et les autres.

    J’en profite d’ailleurs pour inviter les concitoyens à ne pas sombrer dans la facilité de critiquer systématiquement, voire de dénigrer les hommes politiques qui affichent leurs ambitions légitimes qui pour devenir qui président de la République, qui présidents du Parlement, ministres, ambassadeurs, gouverneurs, etc.

    L’opinion publique burundaise est sévère et s’empresse souvent de les brocarder et de les accuser de poursuivre des intérêts privés.

    Franchement, qui voudrait s’investir dans le combat politique, tellement exigeant, tellement rugueux, voire violent s’il ne poursuivait pas un intérêt privé ?

    Il se fait que l’intérêt privé des femmes et des hommes politiques qui briguent les plus hautes responsabilités au service de la communauté nationale rencontre l’intérêt des citoyens. Les Burundais doivent faire émerger une classe politique ambitieuse, intelligente, soutenue et respectée par les citoyens.

    A une condition. En retour, ces hommes et femmes politiques doivent s’engager à oeuvrer pour le bien commun et à respecter strictement les droits et libertés fondamentales du peuple.

    Même si leurs querelles sont exaspérantes, les deux “ailes” du CNARED qui pourraient encore se réconcilier ou succomber à la “nyakurisation” sont pourtant d’accord sur un objectif commun: restaurer la démocratie au Burundi, ramener la paix, organiser le plus rapidement possible le retour des réfugiés, libérer tous les prisonniers politiques, lutter pour que l’impunité pour les crimes de sang, notamment les crimes contre l’humanité ne soit plus tolérée au Burundi, et surtout, apaiser le pays et le remettre sur la voie de la concorde entre tous les citoyens et du respect des règles de solidarité avec tous les pays du monde.

    Seule l’analyse des moyens pour parvenir à cet objectif commun diffère selon les sensibilités politiques des uns et des autres. A titre d’exemple, sur les questions cruciales comme le référendum constitutionnel ou sur la médiation régionale, tous les ténors du CNARED que je connais ont la même vision et la même position.

    En outre, il ne faut pas perdre de vue que l’opposition démocratique incarnée par le CNARED est portée aussi par d’autres plateformes politiques comme Amizero y’Abarundi. Le CNARED n’a pas le monopole de la résistance démocratique et pacifique. Les femmes et les hommes politiques qui proposent une alternative politique au régime actuel et qui luttent de l’intérieur du pays sont tout aussi légitimes que ceux qui luttent de l’extérieur et sont éminemment respectables.

    Du reste, la résistance démocratique et pacifique, comme celles que Louis Rwagasore et Melchior Ndadaye ont incarnée, portée et fait triompher à leur temps, est portée aujourd’hui par des partis politiques, des organisations de la société civile, des médias libres, des organisations de jeunesse, des organisations qui représentent le monde des affaires, et surtout, last but not least, par le formidable “mouvement des femmes”.

    Toutes ces organisations ont des membres et des ramifications à l’intérieur du pays et à l’extérieur du Burundi. L’éclatement du CNARED, que personne ne souhaite évidemment , ne constituerait pas une catastrophe annoncée car, la résistance démocratique est, à présent, portée autant si pas plus par les citoyens burundais appartenant à ces organisations mentionnées plus haut.

    C’est la dynamique qu’a révélé le Forum Citoyen. A Leuven, les Burundais qui se sont retrouvés venaient de tous les horizons politiques et géographiques. Des femmes et des hommes représentant des organisations de la société civile, des médias, des organisations de justice, des partis politiques, des délégués de mouvements de résistance armée venus en observateurs, des jeunes, des personnes d’âge mûr, des Hutu, des Tutsi, des Burundais de la diaspora en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe, des intellectuels de haut niveau, tous ces participants incarnaient le visage le plus sympathique du Burundi que j’aie jamais vu depuis longtemps.

    Eh, oui, n’en déplaise aux malentendus passagers entre partis politiques et entre les membres de la plateforme CNARED, le Burundi divers, positif et créatif existe et s’est retrouvé à Leuven. Il a donné l’image la plus belle et la plus enthousiasmante de notre peuple. Un Burundi démocratique et solidaire est possible. Il existe déjà. Même s’il est muselé pour le moment.

    Et surtout, permets-moi de te rassurer, si je peux. Ce soir, lève la tête au ciel. Une nouvelle étoile est née. Elle illumine la nuit burundaise. A Leuven, je me suis rendu compte que le mouvement des femmes qui lutte pour la paix et la démocratie constitue une force puissante, très bien organisée, très efficace et souriante malgré tous les malheurs qu’ont subi les femmes.

    Ne soyons pas aveuglés par les querelles passagères entre “hommes politiques”. Si ces “mâles” du CNARED pouvaient seulement apprendre de la part “du mouvement des femmes” ou de “la maman de la nation” le réalisme, l’efficacité et la discrétion dans l’action !!! Le Burundi ne tarderait pas à tourner la page de cette période de drames et de crimes de sang impunis.

    Personnellement, je suggèrerais aux organisations qui portent la dynamique du Forum Citoyen d’inclure rapidement au sein du Comité de Coordination et le Comité de Suivi des représentants de toutes les sensibilités du CNARED, des organisations de jeunesse qui auraient ainsi une visibilité et un rôle spécifique, des organisations représentant les milieux économiques, les représentants d’entreprises et des milieux d’affaires, des organisations représentant les artistes ou créateurs culturels et enfin des organisations représentant le monde académique ou universitaire qui fait cruellement défaut dans la résistance démocratique et pacifique.

    En conclusion, les dissensions entre les partis politiques partenaires au sein du CNARED doivent servir de leçon à chaque citoyen. Le combat pour la démocratie, la paix, la liberté et la prospérité du Burundi ne se délègue pas. Chaque citoyen doit se battre. Chacun dans son secteur. Chacun avec ses moyens. Le pouvoir pour organiser la résistance démocratique et pacifique et changer le Burundi appartient à chaque citoyen.

    “Power to the people”…chantaient déjà les Beatles.

    Athanase Karayenga

  9. beninka

    what you say is very true

  10. Jereve

    Cacophonie du côté du CNARED et un seul mot d’ordre du côté du CNDD FDD, lancé par son Secrétaire général: un seul homme compte, le visionnaire. Toute cacophonie et toute ambition sont désormais interdites. Silence dans les rangs! Méthode démocratique d’un côté avec ses défauts et ses avantages; méthode forte et presque dictatoriale de l’autre côté qui donne l’impression d’être efficace. Du moins pour le moment.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

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