Infrastructures

Bujumbura : les RN de tous les risques

Suite aux volumes énormes de pluies qui se sont déversées sur le pays au début du mois de février, la circulation sur les routes nationales (RN) desservant la capitale a subi un sérieux coup. Une hausse de prix des denrées est à craindre.

Un bus de transport en commun sur une chaussée délabrée ©Iwacu

Un bus de transport en commun sur une chaussée délabrée ©Iwacu

Benga, Muberure, Kankonwa, ponts sur les rivières Gikoma et Gasenyi, respectivement à 17, 14, 11,10 et 7 km de Bujumbura sont autant de points où la RN1 (Bujumbura-Kayanza) a été sérieusement endommagée. Pour prévenir les accidents, la police nationale a vite fait de délimiter, par un ruban rouge-blanc, les zones où la chaussée est littéralement défoncée ou s’est affaissée.
A l’amorce de la montée vers Bugarama, le trottoir a été balayé par les trombes d’eau. Sur au moins cinq cents mètres, les caniveaux ont cédé place à une fosse profonde de 3 m, à certains endroits.

Dans la même lancée de prévention des accidents et de la protection de la chaussée, il a été arrêté une nouvelle trajectoire pour les camions remorques. Désormais ils devront passer par Gitega, Mwaro, Jenda pour après emprunter la RN7 (Musaga- Rutovu).

La RN7 en réfection

Même avec ce nouveau parcours, la circulation n’est pas si fluide. Un pont est en train d’être jeté sur la rivière Kamesa, à la sortie de la commune urbaine de Musaga, à l’endroit appelé Chez Ruhara. La police réglemente la circulation pour éviter que deux camions poids-lourds ne se croisent sur l’étroit tronçon en terre battue entre Musaga et Kamesa.
Un sous-officier de la police de Sécurité routière en poste à Kamesa a indiqué que suite au tonnage excessif des poids lourds, la RN7 commence à manifester des signes d’affaissement à certains endroits.

« Un serpent à 12 têtes provoque des éboulements sur la RN3 »

Ce dimanche, trois bulldozers étaient occupés à dégager la route bloquée sur une longueur d’au moins 500 m à Kizezeti, près du centre Gitaza en commune Muhuta de Bujumbura dit Rural (29 Km de Bujumbura).

Probabilité d’une hausse de prix des marchandises : La conséquence la plus redoutée pour le consommateur burundais est la hausse de prix des marchandises. Un chauffeur tanzanien de camions estime qu’avec la nouvelle trajectoire des camions poids-lourds, 80 km, soit deux heures de temps, se sont ajoutés au kilométrage habituel. Mais, selon Noël Nkurunziza, président de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO), les propriétaires de véhicules ne manqueront certainement pas de hausser les prix, même s’il estime que le parcours ajouté n’est pas tellement long.

Des paysans du milieu expliquent que l’effondrement du terrain en cet endroit est dû à un serpent à 12 têtes qui occasionne le glissement d’une partie de la berge qui surplombe le lac, chaque fois qu’il agite une de ses têtes. Selon ces paysans, le malheur est venu d’une équipe de Chinois qui ont déterré les coupes sacrées qui apaisaient la colère du monstre.
Alors que vers midi la route était sur le point d’être dégagée, le lendemain, un autre éboulement s’est produit. Les passagers sont obligés de payer 1000 Fbu pour passer le tronçon par le lac. Quand les machines parviennent à frayer un petit passage, certains passagers se font porter sur le dos pour éviter de patauger dans la boue.

Sur la RN4 Bujumbura-Gatumba, la circulation est aussi interdite aux poids-lourds, le pont sur la rivière Kinyankonge ayant été fortement endommagé par la crue des eaux au lendemain des pluies torrentielles du 9 février.

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