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Économie

Bujumbura : la pénurie d’essence refait surface

10-10-2017

Une pénurie d’essence s’observe, depuis le début de cette semaine, en mairie de Bujumbura. Les automobilistes se lamentent. Le ministre de l’Energie et Mines avance qu’un nouveau mécanisme de dédouanement retarde les livraisons.

Des automobilistes en attente d’être servis à la station Kigobe city oil.

Ce mardi 3 octobre, à la station Kigobe city, en commune Ntahangwa, la confusion est totale, des véhicules en chassé-croisé, d’autres en désordre, se collant les uns aux autres.

B.C., conducteur de taxi rencontré sur place, dit avoir fait la queue depuis 6h du matin. « Tous ces automobilistes dans le besoin, c’est assez drôle, vous ne trouvez pas ?» Il s’observe une file indienne de voitures, de motos et de tricycles qui s’étire de l’école normale supérieure jusqu’à la station de Kigobe City Oil. A côté de lui, M. T., commerçant désespéré, révèle que depuis hier, il a fait le tour de plusieurs stations. Il en a trouvé à la station d’Interpetrol sise en face de l’hôtel Water front. Il a fait la queue et est rentré à 20h sans être servi.

Aujourd’hui, ce commerçant découragé refait la queue depuis 6h du matin. Mais à 11h, on les a informés que seuls ceux qui ont des bons de commande pourront être servis.

« Disposer du carburant pour ma moto est devenu un casse-tête, voire un véritable parcours du combattant », se lamente un conducteur de moto sous anonymat. Il fait savoir qu’il vient de Gihanga en province Bubanza. Il a acheté un litre d’essence à 4000 Fbu, pour venir s’approvisionner à Bujumbura. « Je suis venu à 6h du matin, maintenant il est 11h, je ne suis toujours pas servi. Je ne sais pas comment je vais rentrer.»

Ce liquide raffiné se fait rare. « Le souvenir de la pénurie du carburant refait surface », déplore Mélance Havyarimana. Ce motard avoue qu’il ne peut pas rentrer à la maison. « Que dirais-je à mes enfants si je rentrais sans leur apporter du pain ? »

Ceux qui ont les bons de commandes sont privilégiés

«Même si je suis en file d’attente depuis ce matin, les pompistes nous ont dit qu’ils ne servent que ceux qui ont des bons de commande », assure Côme Ndikumana, conducteur de tricycle.

Les taximen et taxi-motards en font les frais. Ils sont contraints de cesser leurs activités alors qu’ils doivent donner des versements. Certains motards s’inquiètent : «L’essence est disponible dans la commune de Mukaza, nous ne pouvons pas y accéder », avance l’un d’eux. « Et c’est autant de manque à gagner », se désole un autre. « Nous avons des familles à nourrir », reprennent en chœur trois jeunes taxi-motards. « Si on se met à crier, les larmes vont sortir. Cela ne sert à rien », conseille T.D.

Selon Leonidas Sindayigaya, porte-parole du ministre de l’Energie et Mines, la pénurie d’essence est causée par un nouveau mécanisme de dédouanement. Il indique que les importateurs paient désormais à partir de Bujumbura et envoient à Dar-es-Salaam les documents délivrés par l’OBR. Et de rappeler qu’auparavant, les pétroliers effectuaient leur dédouanement au Burundi. Obligatoirement, ce qui entraîne des retards dans la livraison.

Des sources sûres révèlent que cette pénurie est liée au manque de devises. « Les pétroliers ont constaté que le ministère de l’Energie et Mines a diminué l’enveloppe de devises destinée à l’importation du carburant », concluent-elles.

  1   Vos commentaires
  1. isidore

    desespoir et pauvrete partout

    Le mandat de la souveraineté est décidément très cher,à part pour certains mutama qui ont des bons de réduction.

    Mais comment on faisait avant 2015?ah j’oubliais on était sous le joug colonial .

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