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Agriculture

Bienvenue la saison culturale!

28-09-2015

Les cultivateurs récupèrent les engrais en vue de la saison culturale. Globalement tout se passe bien même si quelques agriculteurs se lamentent.

A Kayanza, les cultivateurs attendent la pluie pour semer ©Iwacu

A Kayanza, les cultivateurs attendent la pluie pour semer ©Iwacu

Dans le cadre du Programme National de Subvention des Engrais au Burundi(PNSEB) le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage s’est rendu du 17 au 19 septembre, dans les provinces Bubanza, Cibitoke et Kayanza. L’objectif de cette tournée était de se rendre compte des préparatifs de cette saison culturale. Les agriculteurs sont déjà en train de récupérer des engrais.

10h à Kayanza. Des hangars de stockage d’engrais sont fermés. Aucun cultivateur n’est là pour récupérer ses sacs. Un distributeur rencontré sur place indique que la plupart les ont récupérés. Un autre, rôdant aux alentours, se lamente : « Il faut que les autorités pensent à nous, les petits cultivateurs ! » Interrogé, l’homme, la quarantaine, confie qu’il ne bénéficie pas de ces engrais subventionnés. Motif : il a un très petit champ qui ne nécessite pas tout un sac. Ainsi, il est obligé d’acheter les 10kg au marché à un prix très élevé. Or, le PNSEB exige que les bénéficiaires achètent un sac au minimum. Pour eux, un kg d’engrais coûte 1000Fbu alors que les non-bénéficiaires les paient à 1700Fbu.

« Où pouvons-nous trouver l’argent pour acheter ces engrais ? », se demandent quelques culvativateurs rencontrés au marché de Kayanza. Parmi eux, une femme de cinq enfants confie que l’usine à laquelle elle vend sa récolté de café lui doit plus de 300.000Fbu.

La crise n’a pas épargné les cultivateurs

9h à la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage de Bubanza. Le directeur, Jean-Paul Barutwanayo, explique que les agriculteurs sont en pleins préparatifs de la saison culturale. « La plupart ont déjà récupéré leurs engrais», affirme-t-il tout en montrant le stock d’engrais à moitié vide.

Cependant, quelques problèmes sont évoqués par M. Barutwanayo: la crise qui frappe le pays a fait que les agriculteurs n’aient pas confiance en l’avenir. « Ils ont essayé de réclamer la somme payée comme avance pour les engrais. » Mais, rassure-t-il, nous avons réussi à calmer la plupart d’entre-eux.

Cette rentrée scolaire qui coïncide avec la saison culturale est aussi un obstacle. « Nous craignons que les cultivateurs n’achètent pas nombreux les engrais. Probablement qu’ils pensent au matériel scolaire de leurs enfants d’abord. »

Cibitoke n’a eu qu’un seul problème majeur: les engrais chimiques sont arrivés très tardivement. « Nous sommes en retard d’un mois ! », déplore Prosper Barakamfitiye, le DPAE Cibitoke. Un autre défi est lié aux questions politiques : les cultivateurs avaient carrément refusé de payer les engrais. Ils croyaient que leur argent sera utilisé dans les élections. « Ceux qui ont eu confiance en nous ne se sont pas plaints.»

Signalons que grâce au PNSEB, les cultivateurs payent 60% du prix d’engrais, le reste incombe au gouvernement. Le programme est financé par les Pays-Bas. Mais, intervient Eddy Niyonzima, conseiller dans la sécurité alimentaire à l’ambassade des Pays-Bas au Burundi, le financement qui, naguère passait à travers la loi des finances va passer par une autre voie. « L’étude est en cours. »

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