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Culture

Bibliothèque de Nyakibingo, un savoir enfin à portée de main

02-04-2015

Appuyés par Bertrix Initiatives, le Centre culturel de Gitega et l’Association des parents de Nyakibingo (APENYA) ont procédé à l’ouverture d’une bibliothèque ce 21 mars sur la colline Nyakibingo, de la zone Gitega rurale.

Elèves feuilletant leur nouvelle acquisition ©Iwacu

Elèves feuilletant leur nouvelle acquisition ©Iwacu

La bibliothèque comptabilise plus de 4000 ouvrages. Ce sont en grande partie des romans et des manuels pédagogiques. La bibliothèque est logée dans un local du groupe scolaire Nyakibingo.

Une foule immense était présente pour assister à la cérémonie d’ouverture de la bibliothèque. « Ce qui montre combien la population était assoiffée de connaissances.» commente heureux, Antoine Kaburahe, coordinateur du centre culturel de Gitega.

Jean De Dieu Hatungimana, le président de l’Association des Parents de Nyakibingo qu’il a initiée, lui était carrément aux anges. Natif du coin, aujourd’hui architecte après de longues études en France, il n’a pas oublié d’où il est venu. « Quand j’étais gamin, pour lire un livre il fallait traverser monts et vallées, sous le soleil ou la pluie et aller au centre urbain de Gitega, à une dizaine de kilomètres d’ici», se souvient-il.

Aujourd’hui, le fils du pays se bat pour le développement de ce coin perdu au bord de la Mutwenzi. A côté de cette école initiée par l’association qu’il préside, une bibliothèque c’était son rêve, un projet qui lui tenait à cœur. « J’ai appris qu’une association de la province du Luxembourg en Belgique, Bertrix Initiatives, soutient le Centre Culturel de Gitega par des dons de livres. J’ai contacté le coordinateur du Centre, Antoine Kaburahe, qui a tout de suite accepté de nous offrir les livres. »

Un désenclavement intellectuel

Niché au fond d’une vallée, le groupe scolaire recense 750 élèves, primaire et secondaire confondus. Cet établissement reçoit des enfants de cinq collines environnantes, dont Nyakibingo. Avant ce 21 mars, la bibliothèque la plus proche se trouvait à une dizaine de kilomètres, au centre de Gitega. « L’éloignement, le chemin cahoteux, parfois impraticable, étaient des facteurs importants de découragement pour les élèves », a confié Aline Ndayizeye, professeur de français au secondaire.

Vanessa Ingabire, élève en 9ème année, ne cachait pas sa joie. « J’aime beaucoup lire. Jusqu’ici, tout ce que j’avais à me mettre sous la dent étaient les manuels de professeurs. »

Quant à Salvator Barikurumwe, un des parents sur place, il affirme savoir l’importance d’un livre et jure de ne jamais être un obstacle à la lecture. « Certes, ma fille doit aussi s’occuper de quelques travaux ménagers, mais je ne me vois pas l’obliger à travailler si elle choisit de consacrer un peu de son temps à la lecture. »

Lecture, pilier de développement

Les deux initiateurs du projet, heureux après l'inauguration ©Iwacu

Les deux initiateurs du projet, heureux après l’inauguration ©Iwacu

Dans son discours, Antoine Kaburahe a souligné l’importance de la lecture dans le développement. « Le savoir peut s’acquérir à travers la lecture. Un livre c’est une fenêtre ouverte sur le monde », a plaidé M. Kaburahe, lui même journaliste et écrivain. Il a rendu hommage à l’association Bertrix Initiatives, spécialement son président, Emmanuel Wauthier. Lui et ses amis écument caves et greniers pour collecter les livres destinés au Burundi.

Au nom des autorités, le responsable de l’enseignement dans la commune de Gitega a salué l’initiative car « les élèves vont pouvoir se divertir tout en apprenant » a déclaré M. Philibert Habonimana.

Jean de Dieu Hatungimana ne veut pas s’arrêter et vise haut. « Nous avons l’ambition de faire de cette bibliothèque une référence pour la vallée de la rivière Mutwenzi. Nous allons encore demander au Centre Culturel de Gitega de plaider auprès de Bertrix Initiatives pour recevoir d’autres livres », conclut le président de l’association des parents.

  3   Vos commentaires
  1. Vuvuzela

    Cher Kaburahe Antoine, j’apprecie enormement vos efforts pour nous informer et promouvoir des projets d’interet national comme les bibliotheques; entre autres.

    Je veux partager avec vous mes inquietudes quant a l’effet de quelques projets en rapport avec la lecture , des projets qui semblent etre importants pour vous et moi aussi.

    1) lit-on toujours les fameux Montesquieux et assimiles?
    2) les livres que nos citoyens lisent (maintenant a la page parce qu’ils lisent) parlent de quoi? Le train qui part de Lille pour arriver a Paris, ou les avions qui decollent de Paris pour Amsterdam en 1 heure? Ou ils parlent des meilleures methodes d’augmenter la productivite de nos terres pour bien alimenter nos gens et peut-etre exporter, entre autres choses.

    Bref, lisons-nous ce qui est de nature a nous avancer dans le sens de nous affirmer et nous developper, ou le contraire?
    Excusez-moi de ce negativisme mais c’est parce que j’ai des craintes quant a l’effet positif des « lectures gratuites » offertes par nos « amis »

    • charles kaburahe

      Mes félicitations à Jean de Dieu pour la promotion de Nyakibingo ,c’est l’ honneur pour la commune de Gitega et pour tes contemporains, si tous les natifs de chaque commune du Burundi pouvaient faire comme lui ,dans tel domaine eh ben le Burundi serait une havre de développement humain harmonieux. Voila un exemple que devait suivre ceux qui veulent se faire élire pour nous représenter. Quant a l’opinion de Vuvuzela loin de vouloir polémiquer, il n’ y a pas de lecture négative, c’est l’utilisation de ce qu’on lit qui peut etre négatif ,lire Montesquieux nous permets de nous ouvrir sur la problématique des lois et sur l’universel Sinon c’est un premier pas ,nous sommes prets à envoyer des ouvrages techniques
      Encore une fois bravo a l’initiative.

    • charles kaburahe

      Mes félicitations à Jean de Dieu pour la promotion de Nyakibingo ,c’est l’ honneur pour la commune de Gitega et pour tes contemporains, si tous les natifs de chaque commune du Burundi pouvaient faire comme lui ,dans tel domaine eh ben le Burundi serait une havre de développement humain harmonieux. Voila un exemple que devait suivre ceux qui veulent se faire élire pour nous représenter. Quant a l’opinion de Vuvuzela loin de vouloir polémiquer, il n’ y a pas de lecture négative, c’est l’utilisation de ce qu’on lit qui peut etre négative ,lire Montesquieux nous permets de nous ouvrir sur la problématique des lois et sur l’universel Sinon c’est un premier pas ,nous sommes prets à envoyer des ouvrages techniques
      Encore une fois bravo a l’initiative.

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