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Politique

Avril 2015-avril 2017 : le Burundi patauge

01-05-2017

Politique

Deux ans après l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza pour un autre mandat qui a plongé le pays dans une crise politique. Le Burundi peine à voir le bout du tunnel.

Le dialogue inter-burundais mené par la facilitation de Mkapa comme solution de sortie de crise

Le dialogue inter-burundais mené par la facilitation de Mkapa comme solution de sortie de crise

Le sommet des chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine qui aura lieu le mois prochain pourrait ouvrir la voie à une sortie de crise. C’est en tout cas l’espoir de l’opinion burundaise qui ne veut pas se laisser happer par le désespoir causé par les pourparlers qui s’enlisent et une crise politique et économique sans issue.

Tout commence le 25 avril 2015 avec l’annonce d’un autre mandat de Pierre Nkurunziza. Mandat jugé illégal, inconstitutionnel et contraire au respect de l’Accord d’Arusha par des manifestants.

Ils investissent les rues, dès le lendemain, demandant le retrait de la candidature du président sortant qui venait de passer 10 ans à gouverner. Des manifestations durement réprimées par les forces de l’ordre.

Le 13 mai 2015, le Burundi fait face à un putsch raté alors que le président Pierre Nkurunziza se trouve à Dar es Salam en Tanzanie au sommet des chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine.

Résultat des courses, une partie de la classe politique, opposée au 3ème mandat est contrainte à l’exil où il créera la plateforme Cnared. Le numéro Un burundais n’aura personne pour lui faire barrage pendant les élections. Il sera réélu le 21 juillet 2015.

Lors d’une rencontre à Entebbe le 28 décembre 2015, le médiateur dans le conflit burundais, Yoweri Museveni, décide de saisir à bras le corps le cas du Burundi. Il fixe un prochain rendez-vous de dialogue à Kampala pour janvier 2016. Un rendez-vous qui sera rejeté par le gouvernement du Burundi, le Cnared ayant été invité à Entebbe. Entretemps, la « campagne Halte au troisième mandat » se retire du Cnared.

Bujumbura est, durant le mois de février, le théâtre de grenades et de coups de feu un peu partout dans la capitale. Des actes terroristes, selon le pouvoir, qui riposte par des arrestations et un déploiement important de policiers et militaires dans la ville. Simple coïncidence ou pas, le Burundi connaît durant ce mois d’importantes visites.

Ainsi , le 22 février, c’est d’abord la visite du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon. Juste après lui , du 24 au 25 février, arrive une « délégation de haut niveau » de l’Union Africaine forte des présidents du Sénégal, Gabon, Mauritanie, Afrique du Sud, ainsi que le premier ministre de l’Ethiopie. Des visites décriées par l’opposition qui semble y voir une sorte de légitimation du président Nkurunziza

En mars, l’Union Européenne suspend officiellement son aide directe au gouvernement burundais pour non-respect de ses engagements, selon l‘Accord de Cotonou.

Le bal des résolutions

Le Conseil de Sécurité des NU décide au mois d’avril de se pencher sur le cas de Bujumbura. Le 1er de ce mois, la résolution 2279 décide l’envoi au Burundi de policiers des NU, sans en préciser le nombre.

Le 13 avril, Bujumbura indique « s’être engagé à accepter une présence limitée à une vingtaine de policiers étrangers désarmés. »

Les pourparlers reprennent le 21 avril à Arusha, cette fois-ci sans le Cnared, qui n’est pas invité par le facilitateur Benjamin Mkapa. Mais des membres du Cnared invités individuellement sont là. Ils sont menacés d’être exclus de la plateforme. Il n’en sera rien.

Retour au dialogue le 12 au 14 juillet 2016. C’est un fiasco. La délégation gouvernementale ayant quitté la salle, à cause de « la présence de certaines personnalités poursuivies par la justice burundaise. »

Le 28 juillet, le Conseil de Sécurité rentre dans la danse et adopte la résolution 2303, qui décide du déploiement de 228 policiers onusiens au Burundi, pour une période initiale d’une année, sur base d’une proposition formulée par la France. Bujumbura la dénonce fortement, et refuse le déploiement de policiers onusiens au Burundi.

L’année 2016 se clôturera avec la sortie fracassante du facilitateur Mkapa. En visite à Bujumbura pour rencontrer les différents acteurs de ce dialogue, le facilitateur déclare, avant son départ, le 9 décembre2016, que le mandat de Pierre Nkurunziza est légal et légitime.

Le dernier round du dialogue d’Arusha du 16 au 18 février 2017 verra la présence des personnalités poursuivies par la justice burundaise. Le gouvernement pour sa part boycotte la session mettant à mal la suite à apporter au dialogue.

C’est ainsi que la facilitation, après concertation avec le médiateur Museveni, décide d’envoyer un émissaire au Burundi. Il est porteur d’un message au numéro Un burundais. Cette correspondance demande à ce dernier d’accorder l’immunité provisoire aux personnes poursuivies par la justice afin qu’elles participent au dialogue. Le facilitateur essuie un refus de Bujumbura. L’ancien président de la Tanzanien Benjamin Mkapa se dit actuellement impuissant et réclame le sommet des chefs d’Etat de l’EAC.


Réactions

Charles Nditije : « Les chefs d’Etat de l’EAC doivent exiger de Bujumbura d’accepter les négociations. »

charles-nditijeLe président du Cnared indique que deux ans après, les violations liées à cette contestation de la candidature de Pierre Nkurunziza continuent. Le bilan fait état de plus de 1000 morts, plus de 8000 prisonniers politiques, plus de 500.000 exilés. « Nous profitons de cette occasion pour présenter nos condoléances aux familles qui ont perdu les leurs.»

Charles Nditije rend un hommage à toutes ces personnes, spécialement les jeunes qui ont payé lourd tribut. Il déplore l’impuissance de la Communauté internationale et la sous-région face à cette tragédie. Nous les invitons à saisir la gravité de situation pour mettre en place les mécanismes de protection de la population.

Le chef de la coalition des partis de l’opposition en exil propose comme voie de sortie le dialogue inclusif comme seule solution qui va amener la paix et la sécurité de manière durable.
Il demande au sommet des chefs d’Etat de l’EAC d’exiger de Bujumbura d’accepter les négociations.

Sinon, il demande un embargo économique et sur les armes et des sanctions ciblées pour tous ces dignitaires opposés au dialogue inclusif.

Willy Nyamitwe : « Le Burundi n’est pas en crise. »

willy-nyamitwePour le conseiller à la présidence, on ne peut pas parler de crise quand le pays fonctionne normalement et que toutes les institutions issues des élections de 2015 sont en place. Quant aux chiffres évoqués, M.Willy Nyamitwe évoque « une guerre des chiffres, l’exagération à des fins politiques », de changement de régime par des procédés illégaux.

Pour lui, quand bien même il s’agirait d’un seul réfugié ce serait un sujet de très grande préoccupation. Pour Willy Nyamitwe, ces chiffres avancés par certaines organisations, y compris le HCR, sont un tremplin pour la mobilisation des fonds et la création d’opportunités d’emploi à des fins sectaires.

Quant aux citoyens burundais qui ont perdu ce qu’ils ont de plus cher, la vie, le gouvernement du Burundi a la responsabilité de protéger tous ses citoyens et même les étrangers vivant sur le sol burundais. « C’est très regrettable que des individus égoïstes sans foi ni loi essaient de procéder par la stratégie de la terreur qui consiste à tuer des gens afin d’attirer de l’ostracisme sur le gouvernement et les Forces de Défense et de Sécurité. » Ce qui est important est qu’ils ont été mis en échec, certains arrêtés et d’autres toujours en cavale. Des cas isolés de terrorisme peuvent être commis au Burundi comme ailleurs, mais cela ne signifie pas que le Burundi soit catégorisé comme un pays en crise.


Sécurité

Deux années sans répit

Ce sont les deux ans les plus longs pour les Burundais depuis des décennies. Assassinats, disparitions, enlèvements, arrestations…ils en ont vu de toutes les couleurs. Iwacu revient sur ces deux années de tumultes en matière de sécurité et des droits de l’Homme.

Le 13 mai 2015, des manifestantes sont dispersées à coup de canons d’eau au centre-ville

Le 13 mai 2015, des manifestantes sont dispersées à coup de canons d’eau au centre-ville

«Deux années viennent de s’écouler alors que le peuple burundais vit dans les pleurs et la tristesse suite à la violation des Accords de paix d’Arusha par le président Nkurunziza et son parti Cndd-Fdd», annonce Pierre Claver Mbonimpa, deux ans après le début des manifestations contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza, le 26 avril 2015.

Cet activiste des droits humains avance un chiffre de plus de 2.000 personnes au cours de cette période. Selon toujours Pierre Mbonimpa, plus de 8.000 personnes ont été emprisonnées et plusieurs milliers de Burundais ont pris le chemin de l’exil à cause de l’insécurité. M. Mbonimpa indique que des centaines de Burundais sont portés disparus, des femmes ont été violées devant leurs enfants et des centaines de personnes ont été torturées. « Comme nous l’avons toujours déclaré, nous ne sommes pas des esclaves de Nkurunziza qui s’est emparé de force du pouvoir.»

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH) quant à elle dresse un bilan de 720 personnes tuées. La CNIDH reconnaît 80 cas avérés de torture et 800 cas de personnes incarcérées en violation des procédures légales.

Le coup d’Etat manqué

Les manifestations contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza commencent le 26 avril 2015 dans plusieurs quartiers de la capitale. Nyakabiga, Musaga, Ngagara, Cibitoke, Mutakura, jeunes et moins jeunes descendent dans la rue. Népomuscène Komezamahoro, un jeune de 15 ans tué à Cibitoke est la première victime de cette crise. Après plusieurs jours de manifestations, les manifestants tombent les uns après les autres sous les balles de la police. Cette dernière subit aussi quelques dégâts. Le but des manifestants : arriver dans le centre-ville.

Le mercredi 13 mai 2015, quinzième jour des manifestations, le président Pierre Nkurunziza s’envole pour Dar-es-Salaam afin de participer au sommet des Chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine consacré à la situation politico-sécuritaire du Burundi. Depuis le matin, les manifestants des quatre coins de la capitale tentent d’envahir le centre-ville, en vain. A la surprise générale et pour la première fois, des femmes arrivent à la place de l’Indépendance, en plein centre de la ville. Cela revigore les autres manifestants. La victoire est proche, se disent-ils. D’autres manifestants réussissent à rejoindre les femmes dans le centre-ville.

Dans l’après-midi de ce 13 mai, l’information tombe. Le Général-Major Godefroid Niyombare vient de renverser Nkurunziza. Dans les quartiers contestataires et dans le centre-ville, ce sont des scènes de liesse. Les manifestants crient victoire. Des manifestants posent sur les blindés militaires.

Cette joie sera de courte durée, car aux environs de 17 h 30, on annonce le retour imminent de Pierre Nkurunziza. Les manifestants commencent à désespérer. Le coup d’Etat a échoué.

Vendredi 15 mai, trois leaders dont le Général-major Cyrille Ndayirukiye, numéro deux de ce putsch manqué, et une quinzaine d’hommes sont arrêtés dans le quartier Kibenga-Lac.

Certains manifestants se terrent dans leurs maisons, d’autres prennent le chemin de l’exil.

D’après les derniers chiffres du HCR, on parle de plus de 400.000 réfugiés. Des arrestations massives sont opérées. C’est le début d’une longue série d’horreurs.

L’attaque et la répression du 11 et 12 décembre 2015

Des cadavres jonchent les rues des quartiers contestataires le lendemain des attaques du 11 et 12 décembre 2015

Des cadavres jonchent les rues des quartiers contestataires le
lendemain des attaques du 11 et 12 décembre 2015

La situation sécuritaire se dégrade. Des grenades sont jetées dans des endroits publics. Des cadavres sont découverts ici et là. Et puis le 11 décembre 2015 arrive. Les habitants de la ville de Bujumbura se souviendront toujours de ce jour. Quatre camps militaires à savoir le Camp Ngagara l’Institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM), le Camp Base Logistique des Forces de Défense Nationale (BLFDN), le camp Mujejuru sont attaqués pendant la nuit.

Le lendemain, la ville se réveille sous le choc. A Ngagara, Nyakabiga, Musaga, on découvre des corps dans les rues. Le porte-parole de l’armée, le colonel Gaspard Baratuza, parle de 12 assaillants tués et 21 capturés lors de ces attaques. Selon lui, les assaillants avaient l’intention de s’attaquer aux camps militaires pour se procurer des armes et des munitions.

Les habitants accusent les forces de l’ordre d’avoir exécuté délibérément des jeunes, plusieurs heures après l’attaque. On parle même de vols et de viols lors des fouilles perquisitions. La police nie. Des organisations de la société civile locales et internationales parleront de centaines de civils tués par les forces de l’ordre et enterrés dans des fosses communes.

Une crise avec son lot de malheurs

En plus de ces citoyens ordinaires, des personnalités politiques de premier plan, des leaders de l’opposition, des figures de la société civile ainsi que des officiers de l’armée ont été tués ou ont échappé de peu à des attentats depuis le début de la crise.

Plusieurs officiers de l’armée nationale ont été assassinés notamment le Général de Brigade Athanase Kararuza, un ex-FAB, est assassiné avec sa femme, sa fille et un de ses agents de transmission à Gihosha. C’était le 25 avril 2016. Le Colonel Emmanuel Buzubona, ancien rebelle du mouvement Cndd-Fdd, et le Capitaine Elie Mugabonuwundi, ex-FAB, ont été tué respectivement le 7 avril et le 20 avril 2016.

Après l’assassinat du Lieutenant-colonel Darius Ikurakure, ex-combattant du Cndd-Fdd, Commandant du Bataillon Génie civil au Camp Muzinda, le 22 mars 2016 dans les enceintes de l’Etat-major de l’armée burundaise, le Major Didier Muhimpundu, ex-FAB, directeur adjoint du Service santé à l’Etat-major de l’armée burundaise, sera lui aussi tué. Le 18 janvier 2016, l’OPPI Anicet Dusabumuremyi est assassiné à la 6ème avenue à Bwiza.

Jean Bikomagu, un colonel à la retraite et ex-chef d’Etat-major de l’armée de 1993 à 1996 est assassiné, le 15 août 2015, devant son domicile dans le quartier Kabondo. Le 2 août 2015, le monde apprend la mort du lieutenant-général Adolphe Nshimirimana, ex-rebelle, ancien chef du SNR (Service national des renseignements) à la Gare du Nord, zone Kamenge dans une attaque à la roquette.

Parmi les civils, on peut citer l’assassinat, le 13 octobre 2015, du caméraman Christophe Nkezabahizi et sa famille ainsi que celui de l’honorable Hafsa Mossi, le mercredi 12 juillet 2016 à 10 heures et demie à Gihosha sur avenue Nyankoni.

D’autres ont eu de la chance

Alors qu’il rentrait chez lui à Carama en zone Kinama, Pierre-Claver Mbonimpa, a été grièvement blessé, le 3 août 2015 d’une balle au visage, tirée par des inconnus à moto.

Le 11 septembre 2015, c’est au tour du chef d’Etat-major général de l’armée burundaise, Prime Niyongabo, d’être victime d’une embuscade sur la route Rumonge aux environs du pont Muha. Il en sort indemne. Le bilan est de 6 personnes tuées dont 3 gardes du corps, un civil travaillant au ministère de la Sécurité Publique et 2 assaillants.

Le lundi 28 novembre 2016, le convoi du conseiller principal en communication du président Nkurunziza, Willy Nyamitwe, essuiera une attaque aux environs de 21h10 à une cinquantaine de mètres du Bar Caravane Beach dans le quartier de Kajaga. Willy Nyamitwe est blessé au bras, un de ses gardes tués.

Accalmie ou changement de stratégie?

Selon le vice-président de la République, Gaston Sindimwo, la paix et la sécurité règnent sur tout le territoire national. Pour lui la crise est loin derrière. Même son de cloche de la part de Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police. «La situation sécuritaire est bonne. Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est de la criminalité de droit commun»

Du côté de la société civile, la situation sécuritaire est analysée différemment. «Les rencontres internationales qui se déroulent au Burundi montrent que la paix règne au Burundi», indique Hamza Burikukiye, représentant légal de Capes+. C’est aussi l’avis de Gilbert Bécaud Njangwa, représentant légal d’Onelop-Burundi. «Les crimes qu’on observe aujourd’hui relèvent des règlements de comptes, de la sorcellerie ou du banditisme. Ces sont les conséquences de la guerre.»

Pour Armel Niyongere, un des activistes des droits de l’Homme, les propos de Gaston Sindimwo sont sadiques pour les familles des victimes qui continuent à perdre les leurs de jour en jour. «C’est franchement ridicule venant d’une telle personnalité alors que beaucoup de familles continuent à crier pour les leurs disparus, torturés, exécutés même.» Pour lui, tout cela confirme que certaines autorités ont peur d’être poursuivies pour leur participation dans ces crimes en tant qu’auteurs, co-auteurs, complices ou commanditaires.


Droits de l’Homme

Divergences

Depuis ces deux années de crise, les acteurs dans la crise burundaise se lancent des rapports et contre-rapports en ce qui concerne les violations des droits de l’Homme.

Gaston Sindimwo : «Les droits de l’Homme sont respectés au Burundi contrairement aux opinions et aux messages biaisés véhiculés par certains.»

Gaston Sindimwo : «Les droits de l’Homme sont respectés au Burundi contrairement aux opinions et
aux messages biaisés véhiculés par certains.»

«Depuis le début des manifestations du 26 avril 2015 contre le 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza, le gouvernement burundais a continué de réprimer sans relâche toutes les formes d’opposition politique réelle ou présumée», indique Anschaire Nikoyagize, un activiste des droits humains. Selon lui, d’autres formes de mauvais traitements inhumains et dégradants ainsi que des arrestations arbitraires et des emprisonnements abusifs ont été enregistrées. Quant au président de la CNIDH, il trouve que la situation des droits de l’Homme s’est beaucoup améliorée à partir du deuxième semestre de 2016.

Depuis le début de cette crise, les Nations unies, les organisations de la société civile locales et internationales ont produit des rapports des violations des droits de l’Homme, la plupart accablants pour Bujumbura. En même temps, le gouvernement burundais a sorti des contre-rapports réfutant toutes les allégations et a pris des mesures drastiques contre certaines organisations.

Accusations et répliques

Les conclusions de l’Enquête indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB), publiées le mardi 20 septembre 2016, mettent hors de lui le gouvernement du Burundi. Le rapport accuse Bujumbura de graves violations des droits de l’Homme. L’enquête parle de 17 formes de torture et mauvais traitements, y compris la fixation de poids aux testicules de la victime, le broyage des doigts et des orteils avec une pince, des brûlures progressives au chalumeau ou être forcé de s’asseoir sur de l’acide, du verre brisé ou des clous.

Bujumbura crie au complot ourdi par ses opposants. Willy Nyamitwe, conseiller principal en communication du président Nkurunziza, dira que les accusations des enquêteurs sont politiquement motivées et basées sur des témoignages anonymes et non vérifiés. Il enfonce le clou en disant que ce sont des ragots de cabaret. Ce qui n’empêche pas le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu d’adopter, le 30 septembre 2016 à Genève en Suisse, une résolution mettant en place une commission indépendante d’enquête qui devra déterminer dans un délai d’une année les auteurs des violations des droits de l’homme au Burundi et proposer des sanctions à leur endroit.

En réponse, Bujumbura suspend, le 11 octobre 2016, la coopération et la collaboration avec l’Office du Haut-Commissaire aux Nations Unies pour les Droits de l’Homme consécutivement à la publication de ce rapport d’enquête. Dans la foulée, les trois experts onusiens qui avaient produit ce rapport, sont déclarés persona non grata sur le territoire national.

En date du 18 octobre 2016, le Burundi se retire du même coup de la Cour pénal internationale (CPI) suite à l’ouverture d’un examen préliminaire. Pour les défenseurs des droits humains, les auteurs des violations des droits de l’Homme veulent échapper aux poursuites. Le lendemain, cinq organisations de la société civile (Forsc, Focode, l’Aprodh, l’Acat et le RCP) sont radiées le 24 octobre, cinq autres (Cosome, CB-CPI, UBJ, Ligue Iteka et SOS torture Burundi) seront suspendues. La Ligue Iteka sera radiée après la publication du rapport qu’elle a co-rédigé avec la FIDH intitulé «BURUNDI : Répression aux dynamiques génocidaires»

«Que des rapports biaisés!»

Armel Niyongere : «Aujourd'hui, il y a ni la liberté d'informer et d'être informé ni la liberté de réunion et encore moins le droit à l'égalité devant la loi.»

Armel Niyongere : «Aujourd’hui, il y a ni la liberté d’informer et d’être informé ni la liberté de réunion et
encore moins le droit à l’égalité devant la loi.»

Le Haut-Commissaire des NU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a toujours multiplié des déclarations dénonçant de graves violations par les Imbonerakure et les forces de l’ordre. La dernière en date est celle dénonçant la vidéo polémique des jeunes Imbonerakure de la commune Ntega en province Kirundo appelant à mettre enceintes les opposantes pour qu’elles mettent au monde des Imbonerakure. «La manifestation de Ntega n’est pas un incident isolé. Il s’agit de la partie émergée de l’iceberg», dira Zeid Ra’ad Al Hussein. Le parti Cndd-Fdd a condamné cette vidéo tout en parlant d’une ‘’influence externe au parti.’’

Selon Gaston Sindimwo, la culture des droits de l’Homme n’est pas un apprentissage pour les Burundais et ils sont respectés au Burundi contrairement aux opinions et aux messages biaisés véhiculés par certains. Concernant la vidéo des Imbonerakure, il indique que le chant entendu sert plus à se donner le moral et non à la violation des droits l’Homme. Il déplore que certains partenaires du Burundi aient suspendu leur coopération «sous prétexte» qu’ils voudraient faire respecter les droits de l’Homme. «Cette mesure n’avance pas la cause des droits de l’homme dans notre pays, au contraire elle les affecte négativement.»

Gilbert Bécaud Njangwa trouve normal que les organisations internationales produisent des rapports biaisés, car, selon lui, ils veulent du travail et du coup ils ciblent les pays à déstabiliser. «Nous sommes en train d’analyser si le Burundi n’est pas pris comme bouc émissaire dans un projet des grandes puissances de déstabilisation de la sous-région.» Pour lui, les droits de l’homme sont respectés.

Ce qui n’est pas l’avis d’Armel Niyongere. «On observe des assassinats ciblés, des disparitions forcées, des violences sexuelles, etc. en toute impunité.» Selon lui, il ne suffit pas de respecter certains droits si on n’en respecte pas aussi d’autres parce qu’ils sont indivisibles et solidaires. «Aujourd’hui, il y a ni la liberté d’informer et d’être informé ni la liberté de réunion ou et encore moins le droit à l’égalité devant la loi.»


Médias

Le secteur média frappé de plein fouet

Assassinat, disparition et exil des journalistes, destruction et fermeture des médias, restriction des libertés de mouvement … c’est le tableau peu reluisant du monde médiatique burundais, à deux ans de crise.

Alexandre Niyungeko : « … le journaliste a droit de circuler librement quand il dispose d’une carte de presse. »

Alexandre Niyungeko : « … le journaliste a droit de circuler librement quand il dispose d’une carte de
presse. »

Dans la foulée du coup d’Etat manqué du 13 mai 2015, cinq médias ont été détruits et fermés. Alexandre Niyungeko cite les radios Bonesha FM, Isanganiro, Rpa, Rema Fm et radiotélévision Renaissance. « Ainsi, une centaine de journalistes a pris le chemin de l’exil », précise-t-il. Il revient également sur le lâche assassinat du journaliste Christophe Nkezabahizi, caméraman à la Télévision nationale et sa famille, la disparition de Jean Bigirimana, journaliste au Groupe de Presse Iwacu. Un climat pas propice à l’épanouissement du secteur : « Les journalistes des médias privés sont condamnés à se cacher pour chercher l’information, sont malmenés, arrêtés sans aucune base légale, etc. », décrit-il. Ce qui touche même les médias publics où certains journalistes sont favorisés tandis que d’autres sont empêchés de couvrir tel ou tel autre évènement. M. Niyungeko dénonce une manœuvre de diviser les journalistes en permettant aux uns de couvrir des évènements publics tandis que d’autres n’y sont pas les bienvenus.

Le président de l’UBJ s’insurge aussi contre l’exigence de l’ordre de mission à tout journaliste qui se rend sur terrain. « Car, l’information ne se programme pas et le journaliste a droit de circuler librement tandis qu’il dispose d’une carte de presse », explique-t-il.

Le président de l’UBJ reconnaît certains signes d’espoir, mais qui ne sont qu’un trompe-l’œil.

Ici, il évoque la réouverture de deux radios à savoir Isanganiro et Rema Fm. Néanmoins, il déplore le fait que cela a été fait sous certaines conditionnalités.

Pour lui, le fait de signer un acte d’engagement constitue une façon déguisée de continuer à tenir en otages les journalistes. Une sorte d’intimidation, car, justifie-t-il, cet acte n’est prévu par aucune loi régissant la presse. Ce qui s’est d’ailleurs manifesté par la convocation du rédacteur en Chef de la Radio Isanganiro Joseph Nsabiyabandi, l’empêchement de diffuser tel ou tel message ou de faire parler telle ou telle source. Et d’en déduire : « Le climat n’est pas propice au développement des médias.»

Une crise de confiance

Pour Samson Manirakunda, directeur de la Radio Isanganiro, il y a une nette régression dans le secteur des médias. Avant la crise liée au 3ème mandat, raconte-t-il, le Burundi était classé parmi les premiers pays où la liberté de la presse était développée. « Avec la crise, il y a eu une crise de confiance entre le pouvoir et la presse », indique-t-il. Ce qui fait qu’aujourd’hui, des officiels hésitent à donner des informations et exigent des ordres de mission.
Néanmoins, le directeur de la radio Isanganiro estime qu’il revient aux journalistes de travailler en tenant compte du contexte. Selon lui, l’Etat est au défensif et doute de la bonne volonté des journalistes.

De son côté, Claude Nkurunziza, directeur de la radiotélévision Rema trouve que cette régression de la liberté de la presse est discutable. Car, justifie-t-il, certains journalistes sont partiellement responsables de la situation actuelle des médias.

Par ailleurs, il doute de la véracité du nombre d’une centaine des journalistes ayant fui le pays. Pour lui, beaucoup de journalistes sont dans le pays et des journaux indépendants existent au Burundi.

Les finances au rouge

« Presque tout notre matériel a été détruit », raconte Claude Nkurunziza, directeur Rema. Et jusqu’aujourd’hui, déplore-t-il, les auteurs n’ont pas encore payé. Avec la réouverture, il signale que la radio a dû faire recours aux matériels qui se trouvent sur d’autres stations. Ce qui rétrécit selon lui l’étendue de couverture.

Idem pour la radio Isanganiro où le directeur parle d’un coût élevé de réparation du matériel, des véhicules abîmés, etc.

Pire encore, M. Nkurunziza indique que la plupart des médias burundais vivent des aides des bailleurs. Et avec la crise, le problème de fonds s’est déclaré avec acuité suite au manque de financement. Et certains bailleurs, dénonce-t-il, ayant préféré appuyer les médias travaillant à l’étranger surtout au Rwanda.

Ce manque de financements influe négativement sur le travail de ces médias. Samson Manirankunda parle de la faible couverture territoriale, mise en chômage technique du personnel, pas de nouveaux recrutements, etc.

Néanmoins, M. Nkurunziza garde espoir qu’avec l’année 2018, le financement des médias pourra reprendre et que le fonds d’appui aux médias promis par le gouvernement pourra être alimenté.
« La liberté de la presse agonise »

L’édition 2017 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), indique que le Burundi a reculé de quatre places en ce qui est de la liberté de la presse. Ainsi, il occupe la 160ème position et devient le premier des vingt et un pays de la zone noire.

RSF lie cela à la crise née de la contestation du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza en 2015.

Ainsi, analyse cette organisation, la liberté de la presse agonise. « Poursuivis comme ‘’putschistes’’, des dizaines de journalistes ont fui le pays tandis que pour ceux qui sont restés dans le pays, informer devient très difficile », détaille ce classement.

Ce qui ne convainc pas Hamza Venant Burikukiye, président du collectif des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida (CAPES+). « Au Burundi, la liberté de la presse est garantie malgré les incidents qui se sont passés en 2015 », réagit-il. Et d’interpeller les journalistes à être impartiaux et à ne pas utiliser un langage subversif.

Réagissant sur le cas des journalistes en exil, des médias détruits et fermés, M. Burikukiye dit que c’est déplorable. Néanmoins, nuance-t-il, il y en a qui sont poursuivis par la justice pour leur rôle dans les évènements de 2015.

  8   Vos commentaires
  1. 16Barumwete Alain Chris

    À la rédaction,

    Surnle Point Sécurité, vous affirmez que les années 2015 et 2016 ont été les plus longues depuis des décenies pour les Burundais. Et vous enumérez tant de maux que ces Burundais ont subis. Ma question est alors la suivante ? vous comparez les années 2015 et 2016 par rapport à quelles périodes ? Qui sont ces Burundais dont vous nous parlez ? Pouvez – vous nous faire une comparaison entre la période 1993 – 1996 et la période 2015 – 2016 ?

  2. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Le mandat de Dieu comme l’appellerait Président Fondateur est entrain de devenir de plus en plus celui du sang, de la famine, de l’exil des centaines de milliers de Burundais, des enlèvements et autres disparitions forcées, du viol comme arme de guerre, des assassinats ciblés pour des motifs divers et variés y compris appartenance politique et ethnique, expropriations forcées, extorsions de fonds et spoliations de toutes sortes. On tue et on ment au grand jour par la voie des portes paroles de plus en plus porte mensonges… ! Les discours de la haine (tel KORA, BEGERANYE, UDUPARCELLES TUZOCA TUBONEKA et j’en passe…) se prononcent au grand jour, au vu et au su de tout le monde sans crainte judiciaire aucune. D’ailleurs, il est à se demander si le Ministère de la Justice caractérisé par un silence assourdissant devant tous ces infractions-là, est encore opérationnel. Sinon, comment expliquer que des gens soient enlevés et disparaissent sans qu’il puisse enquêter ? S’il n’est pas directement responsable, il n’est pas moins coupable à mon avis. Les Imbonerakure, encadrés par leurs ainés chantent à tue-tête en appelant au viol massif des opposantes (entendez par là femmes Tutsis probablement etc..) mais aucune arrestation dans leurs rangs alors que les visages étaient visibles et identifiables facilement par tout le monde. Le pays s’oppose farouchement à toute collaboration internationale en matière des droits de l’Homme. On réprime en catimini lentement mais sûrement.
    A mon humble avis, je ne pense pas que la répression de ses opposants fasse partie des stratégies de résolution des conflits. Ceux qui la pratiquent devraient le savoir et se ressaisir. En effet, depuis 2 ans que tout est mis en œuvre pour que les gens se taisent, la résistance verbale et médiatique non armée ne faiblit pas, au contraire. Des révélations de plus en plus embarrassantes avec des détails précis qui devraient inquiéter les concernés, sont de plus en plus fréquentes. Ce qui suppose qu’il y a des collaborations importantes au sein du système. Alors, on va emprisonner, torturer, enlever, faire disparaitre et exécuter sans juger jusque quand ???
    Une note d’espoir quand même pour finir. En dépit du discours ethnisant et autres appels du pied pour s’attirer la sympathie des Hutus et justifier son pouvoir, ceux qui les pratiquent se rendent de plus en plus compte que leur idéologie dépassée ne passe pas. Un signe fort que j’ai remarqué: avez-vous déjà vu un paysan Hutu tuer un paysan Tutsi et vice-versa depuis avril 2015 ? Ceci est extraordinaire et rare dans ce genre de situation pour être souligné, je pense… ! Et puis rien n’est éternel. Tout coule comme le disait si bien le fameux Chimiste français Lavoisier. Entre temps le pays semble embourbé, paralysé, retardé sur tous les points de vue. C’est une situation très grave qui devrait interpeler les concernés pour se sortir de ce bourbier infernal pour cette magnifique nation d’une culture multiséculaire.

  3. roger crettol

    Tout était préparé …

    Je n’ai pas visité le Burundi depuis un peu plus de cinq ans, et mes contacts avec les Burundais en exil ne sont pas très fréquents.

    Mais ils sont assez ouverts et je n’ai pas du tout été surpris à l’annonce de la candidature de P. Nkurunziza. Parce que mes amis burundais proches du parti de l’aigle avaient déjà utilisé l’argument du « premier mandat, mais pas élu par le peuple » depuis au moins une année. Argument que je trouvais d’une parfaite mauvaise foi.

    Alors oui, il y avait largement de quoi être préparé.

    Je trouve bien regrettable que le CNDD-FDD soit un ramassis de personnalités si peu qualifiées que P. Nkurunziza ait DÛ se présenter une troisième fois, pour éviter au Burundi une catastrophe abysmale.

    Heureusement qu’il l’a fait et que, comme nous l’assure Willy Nyamitwe, « le Burundi n’est pas en crise ».

    C’est bien vrai, d’ailleurs : la crise est circonscrite au niveau de base : famille, emploi, transports, santé, médias. Le Burundi, lui, se porte comme un charme.

  4. Ayahu Jean Pierre

    La rédaction,
    Nous avons toujours soif de l’information et des analyses sur la situation de notre pays.
    L’édito du jour me questionne et me laisse dans ma soif. Il manque un peu d’objectivité. On me dira que l’objectivité est « selon » ce que l’on veut entendre.
    Dans le cas qui nous concerne, il me semble que la crise ou du moins ses conséquences, ont été initié bien avant la proclamation de la candidature…Je pense ici à l’interpellation des Nations unies par le Frodebu, les accusations fondées ou pas, de Mbonimpa avec l’histoire de Kibira Ondes, le câble diplomatique etc…Pour dire que les acteurs étaient à l’œuvre, avec le mot d’ordre: génocide.
    Aujourd’hui et dans tous les rapports, c’est le génocide, génocide, génocide et encore génocide!
    Peut-on alors parler de négociation dans un contexte de génocide?

  5. Kissigos

    Le titre : …. » Le Burundi patauge….. »: c’est plutôt l’opposition qui patauge !! Elle fait quoi? ? Les négociations, c’est plutôt le gouvernement qui devrait les réclammer suite à une pression bien opérée! Mais hélas une opposition désorganisée et sans financement; :elle patauge et sera facilement écrasée par le pouvoir en place! !

  6. ntsimbiyabandi

    Burundi avril 2015-avril 2017 : Ce que j’ai compris. Au Burundi, le mois d’avril est un mois de recueillement et de réflexion (BACANAMWO Anatole, voir son article sur http/www.Bujumbura.be). Beaucoup d’écrits ont été portés à la connaissance du public même si la vérité n’est pas toujours connue (D’où la mise sur pied d’une commission chargée de la réécriture de l’histoire du Burundi). Le côté qui était oublié est celui du recueillement. Heureusement, les Barundi commencent à comprendre que « utara mu nda ugatarura ibiboze ». Il est vrai qu’il y avait un recueillement des officiels devant la tombe du président Ntaryamira Cyprien assassiné le 6 avril 1994 au-dessus de Kigali-Rwanda. Le 29 avril à Buta on commémore aussi. Cette année on a célébré même le 25 anniversaire du massacre des élèves de Buta en même temps que le jubilée d’or du Petit Séminaire de Buta. Du nouveau a été que trois journées ont été consacrées au Burundi à la commémoration du génocide contre les Hutu de 1972 et que la construction d’un monument dédié aux victimes a été lancée. Après l’association de quelques bribes d’information, j’ai dû comprendre que l’entreprise génocidaire est de longue date et qu’elle n’est pas encore arrêtée. Les événements de 1988 à Ntega-Marangara, l’assassinat du président Ndadaye Melchior et ses proches collaborateurs, le massacre des étudiants le 12/6/1995 à l’Université du Burundi, l’insurrection d’avril 2015, le coup d’Etat du 13/5/2015 et les assassinats ciblés qui s’en sont suivi, rentrent dans cette entreprise. J’ai aussi compris que la Commission Vérité-Réconciliation (CVR) a d’importantes responsabilités pour faire advenir la réconciliation des Barundi. En tout cas, les rescapés et les orphelins sont décidés à ne rien lâcher jusqu’à ce que la vérité soit connue et les auteurs des différents crimes contre les droits de l’homme soient identifiés et mis devant leurs responsabilités. J’ai finalement compris que la ruse et le mensonge ont joué et continuent de jouer un rôle de premier plan dans cette entreprise. L’exemple récent est celui de la propagande du troisième mandat au détriment de la loi (constitution) et de l’interprétation de la cour constitutionnelle.

  7. Gacece

    Attendez! Quel est le but de cet article-fleuve un 30 avril? Même si on peut reconnaître qu’il est bien rôdé et descriptif à souhait, je ne voit aucune importance à accorder de l’intérêt et de la légitimité au putsch manqué de 2015.

    Entre le début des manifestations le 26 avril 2015 et la tentative de putsch du 13 mai qui a suivi, il y a eu exactement 13 jours! Personne ne peut venir me dire que le putsch à été préparé et conçu en 13 jours.

    Les manifestations, c’était pour provoquer et mettre en place une situation qui devait créer assez de psychose dans les esprits des gens pour justifier le putsch. Alors, c’était une étape qui devait culminer au putsch du 13 mai 2015. C’est pourquoi tout a été fait pour exagérer et grossir démesurément chaque geste ou chaque action posés par les manifestants ou la police durant ces manifestations.

    Le 3e mandat n’était qu’un pretexte parmi tant d’autre. Il y avait aussi les frondeurs qui ont été tellement glorifié avant le déclenchement de ces manifestations, alors qu’on sait que parmi ces frondeurs se trouvaient la plupart des personnes qui étaient les plus dénoncés dans des dossiers réels ou fictifs de corruptions, de violences contre les opposants, de violations de droits humains, etc.

    Arrêtez de grossir et de louanger de tels événements.

    • Stan Siyomana

      @Gacece: « Personne ne peut venir me dire que le putsch a ete prepare et concu en 13 jours.
      Les manifestations…pour justifier le putsch ».
      1.Meme si l’independance du systeme judiciaire n’est pas toujours evidente, je crois que ca vaudrait la peine de voir quelles reponses que les manifestants et les putschistes ont donne devant les juges.
      2. Si vous faites l’amalgame entre les manifestations et le putsch (sans vous baser sur les faits?) le Burundi risquerait de tomber dans la meme situation que la Turquie ou des milliers de gens sont accuses de prendre part a un putsch.
      3.Je crois qu’EN GENERAL UN PUTSCH SE FAIT EN SECRET (si le putschiste est « assez malin » pour profiter du climat des quartiers dits contestataires, LE CITOYEN LAMBDA n’est pas du tout responsable du putsch. NTAVYO KUMUKORERA INKONO ISHUSHE).

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