Culture

Au coin du feu avec Emile Mworoha

19/01/2019 Egide Nikiza Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Emile Mworoha
Au coin du feu avec Emile Mworoha

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Emile Mworoha.

Votre qualité principale

Bien qu’il soit difficile de se juger, je pense à la générosité. Chaque fois que je peux rendre service à quelqu’un, j’éprouve du plaisir à le faire. Quand quelqu’un recourt à moi pour l’aider à résoudre un problème et que je peux l’aider, j’accède généralement à sa requête. Evidement, je n’ignore pas qu’il y a risque de s’exposer à des abus.

Votre défaut principal

Je ne sais pas très bien. Mais, je dirais que c’est le corollaire de ce qui j’ai avancé sur la vertu. C’est la naïveté, la crédulité. Accepter facilement ce qu’on vous dit, en oubliant le côté ringard de certains hommes.

La qualité que vous préférez chez les autres

J’apprécie le comportement sincère. Personnellement, je suis attaché à l’ami sincère qui vous dit la vérité et vous gratifie d’un bon conseil en cas de problème ou de difficulté.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres

Le mensonge et la prétention. Je pourrais dire que je répugne le recours au mensonge. On rencontre nombre d’individus qui n’hésitent pas à passer par le mensonge pour obtenir des avantages ou échapper à leurs propres responsabilités. Cela me paraît inacceptable. Il en est de même des individus qui se parent de vertus ou se croient beaux, intelligents et même riches alors qu’il n’en est rien; et qu’ils sont dans le déni permanent. Je ne supporte guère pareils personnages.

La femme que vous admirez le plus?

Pour ma part, il s’agit de ma mère. Non seulement elle m’a mis au monde et assura mes premiers pas dans la vie. Elle m’a appris notre belle langue le Kirundi et m’inculqua les éléments fondamentaux de notre culture. Le respect et l’amour de l’autrre, l’amour du travail et le goût de l’effort. Les tâches immenses qu’accomplissaient nos mères dans le monde rural : du travail de la terre à l’éducation des enfants en passant par les activités multiples de la vie quotidienne forcent notre admiration et constituent une grande leçon d’héroïsme pour toute la vie.

L’homme que vous admirez le plus

Tout comme la femme que j’admire le plus est ma mère, l’homme que j’admire le plus est également mon père. Il a également assuré ma formation, m’envoya à l’école malgré moi. Mais, je dois ajouter que je voue également une forte admiration à mon grand-père, Rugotora. Il fut un important leader au sein de notre parenté avec une grande rectitude et un esprit décisif. L’estime que je porte à mon grand père a fait que, c’est à lui que j’ai dédicacé ma thèse de doctorat d’histoire soutenue à l’université de Panthéon Sorbonne à Paris. Mon fils Bertrand a pris également le nom de mon grand-père.

Votre plus beau souvenir ?

La réussite de l’examen inter-diocesain du père inspecteur Emile Vasse en territoire de Ngozi, donnant accès à l’entrée à l’école secondaire de Musenyi. Nous sommes en janvier 1954, le père supérieur de la mission de Gatara annonce que j’ai réussi l’examen d’entrée au secondaire. Ce fut une immense joie. Les deux territoires du nord Ngozi et Muyinga ne comptaient que deux écoles secondaires: l’école de moniteurs de Musenyi et le petit séminaire de Mureke.

Je faisais partie d’une infime minorité qui dépassait le cap de l’école primaire pour accéder à l’école secondaire. C’est pour cette raison que je considère cet événement comme l’un des meilleurs souvernirs de ma vie. Cette entrée à l’école secondaire me permettra d’accéder plus tard à l’école normale supérieure du Burundi et aux universités françaises. Les diplômes collectés au sein de ces institutions de formation me permettront d’accomplir les fonctions et métiers que j’ai exercés au cours de toute ma vie.

Votre plus triste souvenir

L’assassinat du Prince Louis Rwagasore le 13 Octobre 1961. Je fréquentais la deuxième année de l’école normale primaire de Bujumbura dirigée par les Frères de la Miséricorde, les mêmes qui sont à la tête du Lycée de Nyakabiga. La nouvelle de l’assassinat de Rwagasore plongea tout le monde dans la stupeur. On avait vécu de loin les terribles événements du Rwanda de 1959, les événements du Congo consécutifs à son indépendance en 1960 et qui aboutirent à l’assassinat du premier ministre Patrice Lumumba. Et voilà maintenant le tour du Burundi avec le lâche assassinat du prince Louis Rwagasore.

Je me rappelle cet événement comme si c’était hier. Nous avons assisté à son inhumation au Mausolée de Vugizo. Je vois encore le gouverneur Jean-Paul Harroy prononcer l’oraison funébre à côté du mwami Mwambutsa Bangiricenge qui avait appelé tout le peuple burundais à demeurer calme.

Quel serait votre plus grand malheur.

Le plus grand malheur serait par exemple de voir le Burundi replonger à nouveau dans des violences semblables à celles que notre pays a connues dans les premières décennies de son accession à l’indépendance.

Le plus haut fait de l’histoire du Burundi

Le règne du mwami Ntare Rugamba (1796-1852) apparaît comme le haut fait de l’histoire du Burundi. Celui-ci permit l’agrandissement de l’Etat burundais avec la conquête du royaume du Bugesera des Bahondogo ainsi que l’intégration au pouvoir central des régions du Buyogoma et de l’Imbo. Il assura la pérennité des frontières contemporaines du Burundi.

La plus belle date de l’histoire du Burundi

On peut sans nul doute considérer le 1er juillet 1962 comme la plus belle date de l’histoire du Burundi. Nous avons recouvré notre indépendance perdue avec le traité de Kiganda du 6 juin 1903 signé entre le capitaine allemand Von Bering et le mwami Mwezi Gisabo du Burundi. Ce traité avait imposé par la force l’ordre colonial allemand. Au lendemain de la première guerre mondiale, le Burundi devint un pays sous-mandat belge avant de devenir un pays sous tutelle à l’issue de la deuxième guerre mondiale (1940-1945). Les tragédies du Burundi indépendant plongent leurs racines dans les idéologies et les pratiques de ces périodes. L’accession à l’indépendance du Burundi avait donné un nouvel espoir de paix, de développement et de rayonnement international.

La date du 1er juillet 1962 est pour moi d’autant plus significative que j’ai assisté personnellement au stade Prince Louis Rwagasore qui venait d’être inauguré, à la descente du drapeau belge et à la montée du drapeau du Burundi ainsi qu’au remplacement de la «Brabançonne», l’hymne national belge par l’hymne national du Burundi, « Burundi Bwacu. »

La date la plus terrible

En ce qui me concerne, je citerai la crise identitaire de 1972. Ce fut un moment effroyable fait de violences épouvantables entre des membres de la communauté burundaise entre frères et sœurs d’une même nation.
Faisons en sorte que la nation burundaise se relève de toutes les divisions et blessures qui marquèrent l’histoire du Burundi indépendant et s’engage à jamais dans la voie de la paix, de la réconciliation, de l’unité nationale et du développement durable.

Le métier que vous auriez aimé faire ?

Rarement le choix du métier qu’on exerce au Burundi aura été un choix cornélien. En fait le choix du métier au Burundi et peut-être dans d’autres pays dépend du contexte, des circonstances, d’une époque ou du milieu social. A l’époque de la colonisation belge, dans les années où je fréquentais les écoles primaire et secondaire, l’offre de formation était extrêmement limitée comme je l’ai déjà signalé. L’école de moniteurs où j’étais préparé au métier d’enseignant au primaire. Il n’existait presque pas d’autres possibilités et donc le choix d’accéder à un autre métier était quasi nul.

Cependant, j’ai appris à aimer et exercer ce noble métier de formation de la jeunesse.

L’obtention du diplôme de moniteur à Musenyi le 30 juin 1960 m’ouvrit différents échelons du métier d’enseignant allant de l’école de moniteurs à l’école normale primaire qui délivre le diplôme d’instituteur dit D7. De là, je m’inscris à l’Ecole Normale Supérieure de Bujumbura qui délivrait le diplôme d’enseignant d’Histoire et de Géographie dans les établissements secondaires avant d’obtenir la licence de maîtrise d’histoire et celui de doctorat en histoire. Tout compte fait, j’aime bien le métier d’historien que j’ai exercé et exerce encore de temps en temps et je tiens à remercier encore une fois l’Université du Burundi qui vient de me délivrer le 11 mai 2018 une carte de mérite pour le travail accompli dans ce cadre de mon métier d’historien.

Le passe-temps préféré

La lecture, l’écoute des nouvelles de la radio ainsi que la natation font partie de mon passe-temps préféré.

Je lis souvent les livres d’histoire ou les ouvrages politiques sans oublier la presse.

Lorsque je vivais en France et même maintenant, à travers internet, je lis surtout les journaux « Libération », le « Monde », et Jeune Afrique. Au Burundi, je ne râte jamais le numéro hebdomadaire d’Iwacu que le facteur de ce média m’apporte chaque vendredi. Si je ne suis pas là, il me dépose le journal et vient récupérer par après le prix.

Chaque matin je me donne aussi à l’exercice de natation en compagnie des membres de « l’Amphibie Club », notre Club de natation. Mais c’est aussi l’occasion d’échanger et de commenter les dernières nouvelles de la ville, du Burundi et du monde. Mais aussi le moment de lancer des blagues et de l’humour pour passer le temps et inaugurer la journée.

Votre lieu préféré au Burundi

La région du Nkiko-Mugamba. Surtout ma colline natale de Ramvya adossée à la Kibira sur la crête Congo-Nil en commune de Muruta. C’est un endroit splendide situé à plus de 2 200m d’altitude.

De là, l’on peut admirer l’ensemble des collines de la province Kayanza, ses paysages magnifiques et ses vallons continus. On peut aussi apercevoir de là une partie des provinces de Ngozi et de Gitega.

La commune de Muruta abrite un important patrimoine culturel et naturel du Burundi. Ici trônent trois nécropoles royales des bami Ntare Rugamba, Mwezi Gisabo et Mutaga Mbikije. La rivière Ruvubu, la plus grande rivière du pays prend sa source en commune Muruta.

Je me remémore les scènes de la vie quotidienne sur la colline de Ramvya à l’époque de mon enfance : la rentrée et la traite du bétail, son départ aux pâturages le matin ; la beauté des enclos et des cases traditionnelles; l’entretien des champs ; le semis et le sarclage des haricots ; la récolte des courges, ou encore la frondaison des tiges de maïs, etc.. Mais aussi la convivialité paysanne autour d’une cruche de bière. Telles étaient les merveilles du Burundi de jadis.

Le pays où vous aimeriez vivre

Au cours de ma vie, j’ai eu l’occasion de visiter beaucoup de pays, tous les continents. J’ai fait de longs séjours en Europe par exemple lors de mes études ou dans le cadre des fonctions diverses que j’ai exercées. Mais nulle part ailleurs je me suis trouvé aussi mieux que dans mon pays le Burundi. J’aime le Burundi avec ses hommes et sa culture, avec ses paysages et ses panoramas.

Une fois , j’étais avec un ami étranger qui faisait un séjour assez prolongé au Burundi. Nous sommes montés ensemble à Ijenda et contemplant les paysages de cette région, il m’a interpelé : « Emile est-ce que les Burundais savent qu’ils ont un beau pays? »

J’ai répondu par l’affirmative. Je crois en effet que la majorité de la population connaît la beauté naturelle et les richesses culturelles du Burundi.

Nous avons un cadre de vie magnifique, notre civilisation de l’enclos et de la colline, nos aires naturelles qu’il faut entretenir et sauvegarder.
Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le lac Tanganyika avec sa beauté naturelle, ses eaux douces et profondes, la diversité de sa faune aquatique, son immense richesse halieutique et la variété de ses plages magnifiques qui demandent à être aménagés.

Le voyage que vous aimeriez faire

Avec mes anciennes fonctions et d’autres activités dans une vie antérieure, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs pays à travers le monde. Mais il y a une région que je n’ai jamais visitée.

C’est le sous-continent sud-américain. C’est pour cette raison que si l’occasion se présentait, j’aimerais visiter les pays comme le Pérou, la Colombie, le Mexique ou le Chili bref l’ensemble des pays de la cordelière des Andes. Découvrir les pays qui ont révolutionné l’alimentation de l’Afrique et du monde à travers la diffusion de ses plantes particulièrement le maïs, la pomme de terre, le manioc, le haricot et la patate douce. Découvrir la civilisation maya si belle et si originale.

Votre rêve du bonheur

Demeurer toujours en bonne santé et n’être à la charge de personne jusqu’à la fin de la vie.

Le plat préféré

Je ne pense pas que je sois un fin gourmet. En général je peux me contenter des plats ordinaires. Mais j’apprécie volontiers le sangala meunière accompagné de pommes nature.

Votre chanson préférée

J’apprécie bien les chansons de l’auteur burundais Canjo Amisi. Mais j’aime aussi écouter les chansons de la musique classique comme la «Flute en chantée  de Mozart». Le chant catholique, en particulier la musique grégonienne m’est très agréable à écouter. Nul ne peut demeurer indifférent par exemple lorsque une chorale chante le « Te Deum ».

La radio écoutée

J’écoute volontiers RFI qui offre une actualité internationale à la fois riche et complète. Mais le matin ou à midi, j’ouvre volontiers la radio Isanganiro et la radio nationale.

Avez-vous une devise?

Pas vraiment. Mais, je m’attribue volontiers certaines maximes qui peuvent orienter l’action de ma vie. Par exemple, celle-ci « Aide-toi et le ciel t’aidera ».

Votre souvenir du 1er juin 1993

Lors des élections de juin 1993, je ne me trouvais pas sur place, car j’occupais un poste dans un organisme international, l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), ancêtre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Mais nous avions suivi ce processus électoral et même des délégations venaient de Bujumbura pour des séances d’explication. Nous avons participé au vote à l’ambassade du Burundi à Paris. Lorsque le candidat Melchior Ndadaye remporta le scrutin présidentiel, ce fut une surprise générale. Tous les pronostics avancés y compris à l’étranger étaient totalement déjoués.

Votre définition de l’indépendance

La définition du concept d’indépendance demeure plutôt problématique. Il n’y a pas une définition toute faite et c’est un concept polysémique. Il y a dans « Indépendance » non seulement l’accession à la souveraineté nationale et internationale, mais aussi la prise en main par le peuple et ses représentants du destin et du devenir du pays. C’est l’engagement commun dans la recherche du bonheur du peuple à travers un développement intégral de la société et du pays en général.

Votre définition de la démocratie ?

La définition du régime politique appelé «démocratie » est désormais bien connue depuis son invention dans la Grèce antique et sa clarification par l’écrivain français Montesquieu qui formula la théorie de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) au XVIIIème siècle. L’organisation de la vie démocratique se traduit par la création des partis politiques et le recours régulier au suffrage universel pour désigner les dirigeants du pays.

Mais pour ma part, l’élection n’est pas l’unique indicateur d’une vie démocratique. Il faut s’assurer du respect des engagements politiques adoptés, permettre l’alternance politique, organiser la bonne gouvernance et veiller au strict respect de la loi.

Votre définition de la justice

C’est le respect intégral de tous les droits fondamentaux envers toute personne humaine, c’est-à-dire tous les droits politiques, économiques et sociaux. Il faut mentionner d’abord le droit à la vie et l’élimination de toutes formes de violences, assurer l’égalité devant la loi de tous les citoyens, ne jamais appliquer deux poids et deux mesures pour un même délit.

Si vous étiez ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, quelles seraient vos deux premières mesures ?

La première mesure serait de donner priorité à la formation doctorale du personnel enseignant des universités et institutions supérieures du Burundi. Il existe en effet un trop grand nombre d’universités et instituts supérieurs au Burundi et un manque indéniable de professeurs ayant une formation doctorale requise. Vu la soif du savoir scientifique et l’engouement de la jeunesse pour la formation universitaire, il y a lieu d’accorder une priorité absolue à l’école doctorale du Burundi.

La publication et l’édition des thèses déjà soutenues par les professeurs burundais ainsi que la publication des mémoires de qualité me semble aussi une autre priorité. Tout ceci pourrait passer par le renforcement et l’appui budgétaire aux Presses universitaires du Burundi.

Si vous redeveniez ministre de la Culture, quelles seraient vos deux premières mesures ?

La construction d’un bâtiment des archives nationales constituerait la priorité principale. Les archives nationales se trouvent dans une situation difficile. Les documents en rapport avec la vie, le fonctionnement et les réalisations de l’Etat et des entreprises publiques ne me semblent pas être conservés, ni même récoltés pour les archives de façon stricte. Il me paraît donc urgent et adéquat d’envisager la construction d’un bâtiment propre des archives nationales afin de mieux protéger les documents relatifs à la vie de l’Etat et au développement du pays.

La protection légale du patrimoine culturel matériel et immatériel du Burundi me paraît une autre priorité par la promulgation d’un nouveau texte de loi. Il y a en effet un patrimoine culturel du Burundi qui risque de se perdre ou de s’abîmer si l’Etat ne prend pas des mesures légales urgentes en rapport avec ce patrimoine.

Mais précisons que le ministère ayant la Culture dans ses attributions est engagé dans cette innovation. Je fais mienne cette priorité.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Il serait difficile de croire à la bonté humaine si vous prenez en considération la place qu’occupent la guerre et les violences de toutes sortes dans l’histoire humaine depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours.

Mais la bonté humaine existe quand même et s’acquiert par la culture et l’éducation dans la société. Il faut la chérir et l’entretenir.

Pensez-vous à la mort?

J’y pense naturellement, mais je n’en fais guère une obsession. C’est le sort de tous les humains, surtout chez nous où l’espérance de vie demeure problématique.

Si vous comparaissez devant Dieu que lui diriez-vous?

J’exprimerais ma reconnaissance envers Dieu pour les bienfaits dont il n’a cessé de me combler sur terre. Mais je lui demanderais aussi de continuer à être indulgent envers les humains car la vie terrestre n’est pas toujours rose.

Propos recueillis par Egide Nikiza

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

Bio Express

Emile Mworoha est né en 1940 dans la commune Muruta de l’actuelle province Kayanza. Il fait ses études primaires de 1949 jusqu’en 1953 dans la commune Gatara. De 1954 jusqu’en 1960, il est admis à l’école moyenne pédagogique de Musenyi. Il poursuit sa scolarité à l’Ecole normale de Ngozi dont il sort avec un diplôme d’instituteur en 1965. Il est inscrit la même année à l’Ecole normale supérieure à Bujumbura. Il accède en 1968 au diplôme de professeur de géographie, d’histoire et de français. Il décroche une bourse d’Etudes la même année pour une maîtrise en France. Il défendra sa thèse en 1975 à l’Université de la Sorbonne à Paris. Après, Emile Mworoha exercera plusieurs fonctions : professeur à l’ENS (1975-1976), ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (1976-1978), secrétaire général du parti Uprona (1978-1987), président de l’Assemblée nationale (1982-1987). Pendant cette même période, il co-préside l’Assemblée paritaire des Etats ACP-CEE. Emile Mworoha a été enseignant au département d’Histoire de l’université du Burundi entre 1987 et 1990, directeur général de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) chargé de la Culture puis des politiques et de la planification (1990-1992), conseiller au cabinet du secrétaire général de l’ACCT (1993-1994). De 1995 jusqu’en 1997, il est consultant international auprès de l’ACCT, de l’Unesco et de l’Association internationale des maires francophones. Il est député (1998-2004) et dispense également des cours à l’Université. Il enseignera depuis 2004 jusqu’à son départ à la retraite en 2012. Emile Mworoha a reçu plusieurs distinctions au cours de sa carrière. Il a notamment été nommé en 1984 grand officier de la Pléiade par l’Association internationale des parlementaires de langue francophone. Il aura aussi le diplôme de commandeur des Arts et des Lettres lui décerné par le ministre français de la Culture, Jack Lang en 1984. Des professeurs de l’Université du Burundi et d’autres universités étrangères ont écrit en 2017 un livre à son hommage intitulé «Un demi-siècle d’histoire du Burundi. A Emile MWOROHA, un pionnier de l’histoire africaine».

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

Editorial de la semaine

Stop !

Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur Stop !

« Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la disparition forcée. » C’est ainsi que (…)

Online Users

Total 337 users online