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ARCT : bientôt vos téléphones sur tables d’écoute ?

05-05-2013

{{Selon des sources proches de l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT), elle prévoit de mettre les téléphones sur écoute. Une société étrangère opérant déjà au Malawi est en passe de se voir attribuer le marché. Certains cadres du régime auraient déjà, à ses frais, visité ses installations le mois dernier. Le directeur de l’ARCT nie tout.}}

Un contrôle du trafic international au Burundi et la lutte contre la fraude seraient les arguments avancés par le gouvernement pour mettre les téléphones sur écoute. Et cette tâche a été naturellement confiée à l’ARCT. Des sources bien informées affirment que quatre sociétés étrangères sont en compétition pour ce marché. Il s’agit de New York Telecom Exchange (NYTEX), Global Voice, N.Soft et Agilis International.

Néanmoins, d’autres sources proches de l’ARCT indiquent que la société Agilis International a récemment payé billets d’avion et frais de mission pour certaines personnalités  dont Jérémie-Diomède Hageringwe, directeur technique de l’ARCT, Télésphore Bigirimana, directeur du département presse, information et nouvelle technologie au Service national de renseignement et un certain Donatien de ce même service: « Leur mission qui s’est effectuée du 20 au 25 novembre 2011 était de visiter cette compagnie au Malawi. »
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{L’article 10 du chapitre IV du décret-loi N°1/011 du 4 septembre 1997 portant dispositions organiques sur les télécommunications est claire. Il précise que la divulgation, sans autorisation, du contenu, la publication ou tout usage quelconque des radiocommunications qui ne sont destinées à l’usage général du public sont interdites.}
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Aux yeux de certains cadres du gouvernement ayant requis l’anonymat, c’est une forme de corruption. « Comment est-ce qu’on pourra refuser le marché à cette société ayant assuré le déplacent et le séjour de ces personnalités ? ». En outre, constatent nos sources, d’après le contrat de concession signé entre l’ARCT et différentes sociétés de télécommunications, ces dernières doivent veiller à la confidentialité des informations transmises. Les mêmes sources ajoutent que l’Union Internationale des Télécommunications(UIT) interdit de mettre sur écoute les téléphones.

D’après le Journal Nyasa Times de Malawi, cette société d’origine américaine n’a pas pu mettre les téléphones sur écoute dans ce pays parce que les utilisateurs de la téléphonie s’y sont opposés. Car c’eût été une violation de leur vie privée.

{{« L’ARCT n’a pas un tel projet »}}

Contacté par Iwacu, Jérémie-Diomède Hageringwe, directeur technique de l’ARCT, n’a pas voulu s’exprimer : « Je suis en mission de travail dans la sous région. Adressez-vous au directeur général. » Interrogé, Révérien Ntagaye, directeur général de l’ARCT, nie l’existence d’un projet de mise sur écoute des téléphones : « Il est strictement interdit d’écouter les échanges des abonnés. » Concernant la visite du directeur technique au Malawi, Révérien Ntagaye reste évasif : « J’ai seulement appris qu’il est parti mais j’ignore l’objet de la mission parce que je n’ai pas vu l’ordre de mission. J’étais en congé. »

Au sujet des frais de voyage au Malawi, le directeur général de l’ARCT trouve normal qu’une société paye les frais de mission pour son personnel : « Certaines organisations peuvent nous prendre en charge partiellement ou totalement ». De même, il tranquillise tous les utilisateurs de la téléphonie mobile en promettant que toutes leurs communications seront toujours confidentielles.

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– {{Le contrat de concession signé entre l’Etat du Burundi et l’une des sociétés}} pour exploitation d’un réseau GSM au Burundi dans son article 12, alinéa 4, stipule que le concessionnaire doit assurer la confidentialité des informations transmises ou communiquées par les abonnés ou tierces personnes à travers le réseau.
– {{Cette protection comprend}}, notamment, une note écrite à tous les employés du concessionnaire concernant leur obligation de ne pas écouter les communications, sauf pour les cas de réparation ou autres raisons technologiques limitées par la loi. Le concessionnaire doit garder confidentielle toute information relative au service qu’il reçoit et doit s’assurer que seuls les employés qui ont besoin de connaître l’information y ont accès. Ceci comprend, notamment, la tenue des fichiers confidentiels pour abonnés.

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