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Droits Humains

Amnesty international tacle le Burundi

11-10-2017

Cette ONG internationale de défense des droits de l’Homme dénonce la « perpétuation » des violations des droits de l’Homme au Burundi. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur évoque un récit aux antipodes de la réalité.

Deux policiers malmenant un manifestant à Bujumbura.

Le rapport d’Amnesty international de ce vendredi 29 septembre fait état de violations des droits de l’Homme commises au Burundi de 2016 jusqu’à nos jours. Elle évoque la répression de l’opposition politique et de tous ceux qui ont pris part aux manifestations contre la candidature du président Nkurunziza en 2015.

«Les travaux de recherche donnent un aperçu des atteintes aux droits humains graves et généralisées qui continuent d’être commises dans tout le Burundi en toute impunité», telle est la conclusion dudit document. La coercition et l’insécurité poussent des Burundais à l’exil. Pour mettre en exergue cette idée, ce document de 26 pages est intitulé Se soumettre ou fuir.

Arrestation et détention illégales, violences sexuelles, répression dans le recrutement des membres par le parti au pouvoir, usage « injustifié » de la force, tortures et traitements cruels et inhumains… entre autres abus dénoncés par ce mouvement international de défense des droits de l’Homme.

En plus de la police et du service national de renseignement (SNR), cette organisation pointe du doigt des jeunes du Cndd-Fdd. «Dans un certain nombre de cas recensés, des Imbonerakure auraient mené des opérations conjointes avec la police et le service national du renseignement, auraient appréhendé des personnes pour le compte de ce dernier et auraient joué un rôle prépondérant en matière de sécurité locale et aux frontières. »

Avant de rappeler la mise en garde de la commission d’enquête sur le Burundi dans son rapport du 4 septembre : « L’État peut être tenu responsable des comportements illicites d’individus non étatiques quand ceux-ci agissent sur ses instructions, ses directives ou sous son ‘contrôle effectif’, mais aussi quand ses propres agents reconnaissent et adoptent le comportement de groupes non étatiques.»

Un rapport pas tendre avec des Imbonerakure

Amnesty international reconnaît qu’il est difficile de déterminer qui a ordonné à des Imbonerakure de perpétrer des violations. Mais, lit-on dans le rapport, quand des éléments de la police ou du SNR étaient apparemment présents, il est raisonnable de supposer qu’un « contrôle effectif » était exercé, ou au moins que les actions des Imbonerakure étaient reconnues par des agents de l’État. Elle soutient l’existence de déplacés pour raisons d’insécurité.
Amnesty International fait savoir que ses recherches ont porté sur 129 réfugiés et demandeurs d’asile burundais. 39 réfugiés et demandeurs d’asile en Ouganda ont été interviewés, en juillet dernier, et 90 réfugiés en Tanzanie en juin 2016.

Thérence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur, réfute en bloc toutes les accusations d’Amnesty international : «Que de tas de mensonges et de complots.» Il n’en revient pas que cette organisation évoque des départs massifs de Burundais en exil arguant l’insécurité.

«Ceux qui tiennent un tel discours conspirent contre le Burundi.» La sécurité est une réalité sur l’ensemble du territoire. Des Burundais sont à l’œuvre pour le développement. Avant d’indiquer qu’environ 180 mille Burundais ont déjà été rapatriés, depuis l’année passée. La tripartite Burundi-HCR-Tanzanie prévoit le rapatriement de 12 mille réfugiés jusqu’à la fin de l’année. « Et ce depuis le 7 septembre dernier.»

Thérence Ntahiraja s’étonne également qu’Amnesty international reproche au parti au pouvoir de recruter de force. Il soutient que le respect des libertés politiques et d’opinions est une réalité au Burundi. Il parle de l’ «agrément de nouveaux partis».

« Le peuple burundais est avec Dieu »

Thérence Ntahiraja : « Un complot pour inciter la Cour pénale internationale à se saisir du Burundi. »

M. Ntahiraja cite, à titre d’illustration, le Rassemblement national pour le changement (Ranac). Un parti résultant de la fusion des partis Annade et Paside-Imboneza, agréé le 18 avril dernier. «Ceux qui le veulent se rassemblent pour un projet de société, cherchent l’adhésion de membres et tiennent des réunions.» Il laisse entendre que 31 formations politiques sont à l’œuvre. Aucune, ajoute-t-il, ne se dit frustrée. Et de s’interroger si Amnesty international est devenu leur porte-parole.

Au sujet des accusations contre les forces de sécurité, du Service de renseignement et de la jeunesse du parti Cndd-Fdd dans la perpétration des exactions, le porte-parole du ministère de l’Intérieur évoque un complot pour inciter la Cour pénale internationale à se saisir du Burundi : «Les jours qui restent se comptent sur les doigts d’une main.» Pour rappel, la sortie effective du Burundi de cette juridiction internationale est prévue le 27 octobre prochain.
Il s’agit de la même rengaine des rapports biaisés : viols, tueries, arrestations arbitraires, tout ceci n’est que des allégations mensongères. «Un acharnement contre les Imbonerakure et les organes de sécurité.»

Sur l’existence des déplacés, il n’en croit pas ses oreilles. Il souligne que plus de 200 mille avaient déjà regagné leurs domiciles jusqu’en 2014. «Un petit nombre d’entre eux souhaite vivre dans des villages.» Il laisse entendre que les autorités se soucient de leur souhait. Et de se demander pourquoi d’autres pays n’attirent pas l’attention. «Des Congolais sont malheureux. Ils affluent au Burundi, pourtant, aucun mot n’est pipé.» Il confie que la construction du 5ème camp de réfugiés congolais en province de Ruyigi est déjà envisagée.

Thérence Ntahiraja se veut optimiste : «Leurs manœuvres n’aboutiront à rien. Les Burundais, nous sommes avec Dieu.»

  14   Vos commentaires
  1. kana

    Il n’ya pas de flou dans la constitution burundaise: elle claire. Profiter du flou est aussi reprehensible et malhonnete. Prions pour le changement.

  2. Rurihose

    Ntahiraja:  »
    Nous sommes avec Dieu est un slogan vide »
    Qui sont avec le diable?
    De quel Dieu parles tu: Yahve,Mahomet, Rai, Zeus, Kiranga ou Apollon?
    Nous sommes un Etat Laic, SacreBleu

  3. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Thérence Ntahiraja : «Un complot pour inciter la Cour pénale internationale à se saisir du Burundi»

    Un peu d’humilité et de retenue, cher Monsieur, la population burundaise a horreur et est fatiguée des bains de sang. Vous pouvez parler de complot. La chanson est connue. C’est le slogan phare du pouvoir du CNDD-FDD. Malheureusement pour vous, à part le déni, vous ne pouvez même pas écrire un seul paragraphe pour contredire les allégations graves de violations massives des droits de la personne humaine, y compris, le droit à la vie à votre encontre. J’ose espérer que ceux qui enlèvent, font disparaitre de façon forcée, violent, torturent et tuent sans aucune autre forme de procès, n’auront pas le dernier mot. Il y en a qui risquent de finir leurs jours à La Haye comme Millosevic..! Let us wait and see..!

    • Gacece

      @RUGAMBA RUGANZWA
      Le deni reste une défense légitime quand ceux qui sont censé vous comprendre ont refusé d’écouter vos arguments.

      Et vous oubliez vous aussi que vous êtes en plein dedans, sans vous l’expliquer. Mais… c’est un complot! Même si vous continuez à le nier!

      • RUGAMBA RUTAGANZWA

        @GACECE,
        Les fosses communes autour de Bujumbura où vous avez entreposés pèle mêle les victimes de la répression e décembre 2015 sont des inventions? https://www.afriqueeducation.com/…/burundi_des_fosses_communes_d_couvertes_d…
        Des centaines de personnes enlevées qui disparaissent dans les mains des policiers souvent connus, images à l’appui, sont des inventions, les assassinats ciblés (famille du journaliste Nkezabahizi Christophe décimée y compris ses enfants mineurs etc. etc.. car la liste n’est pas exhaustive et vous-même vous le savez……) et autres viols, tortures ne sont que des mensonges..! Il n y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et il n y a pas pire sourd que celui qui refuse d’entendre. Si vous étiez du côté des victimes, comme moi, vous changeriez de langage, cher Monsieur/dame. J’espère surtout que les bourreaux, qui, apparemment, ont votre total soutien, n’auront pas le dernier mot.

        • Gacece

          @RUGAMBA RUTAGANZWA
          Vous ne me connaissez ni de près ni de loin et vous m’accusez d’avoir « entreposé pêle mêle » des victimes dans des fosses communes en 2015?

          Quand vous réclamez justice en lançant des accusations « pêle mêle » dans toutes les directions, comment voulez-vous qu’on soit capable de vous suivre!

          Dans une lumière d’une intensité aussi aveuglante, nul ne peut voir. Dans des bruits aussi assourdissants, nul ne peut entendre. La modération et la précision ont aussi leur utilité.

          Et personnellement, je compatis à ce qui vous est arrivé, si ça vous est réellement arrivé. Que ce soit à vous ou à quelqu’un d’autre, personne ne devrait être victime d’atrocités telles que vous les racontez.

          C’est cette propention à mentir, à tout exagérer et à tout mettre sur le dos d’une seule partie qui doit cesser.

      • roger crettol

        @ Gacece

        J’ai de la peine à voir le déni dans l’intervention de Rugamba Rutaganzwa – c’est certainement dû à mon esprit trop blanc.

        Quant à l’attitude du Burundi, comment oser la critiquer ? Quand on sait que les Etats-Unis (ils ne sont pas les seuls) n’ont jamais signé les protocoles de la CPI, pour ne laisser à personne l’occasion de mettre leur nez à Guantanamo …
        … on ne peut que louer le Burundi d’avoir – avec du retard, hélas – suivi un aussi illustre exemple de fière souveraineté.

        Les principes moraux sont réservés aux idiots qui prennent la constitution au sérieux et aux illuminés de ces redoutables sectes qui prêchent « le respect des droits de la personne ». Le respect des droits de la personne ? Moi, je respecte mon père et ma mère, et ma concierge qui est une peste mais qui pourrait me rendre la vie impossible. C’est tout le respect que j’ai – à accorder.

        Heureusement, ces organismes malfaisants qui sont dévoués à un insipide « respect des droits de la personne » ont été bannis de votre Divine République. Cela, et l’élimination progressive de gêneurs indésirables, assurera des élections qui seront comme un Festival de l’Unanimité. Tout comme au Ruanda.

        Avec les félicitations de divers gérontocrates en pantoufles – s’ils survivent – et d’un président des Etats-Unis qui, lui aussi force le respect, chaque jour, à chaque twitt, davantage.

        JerryCan, commme à mon habitude.

  4. Rutake

    Des organizations internationales, devons nous savoir, ne defendent pas nos droits. Ils ont leurs vises qui n’ont rien a voir avec les droits de l’homme. Sinon, pourquoi sont ils selectifs dans leur denunciation de violations des droits de l’homme? Un example typique est celui du Rwanda. Ce n’est que tres recemment qu’ils commencent a denoncer le regime de Kagame, une denunciation qui, etrangement coincide avec le retrait aveugle des grandes puissances du monde au president Kagame. L’opinion que j’exprime ici ne vise pas a defendre les violations de droits de l’homme commises par le regime de Bujumbura. Au contraire. Je suis tres indignes qu’un regime qui est sense represente le people soumet ce dernier au calvaire. Ce que je veux que mes compatriotes comprennent, c’est l’hypocrisies de ces organizations pour que nous ne continuons pas a nous tromper en pensant qu’ils se soucient de nous.

    Mon appel va a tout Burundais, partout ou il se trouve. C’est nous, et seulement nous,qui rendrons notre pays ce que nous voulons qu’il soit. Ceux qui sont au gouvernement sont nos frères, ils sont nos cousins, ils sont nos camarades de classes, ils sont natifs de nos collines. Soyons courageux et leur montrons le bienfonde de la bonne gouvernance. Bagaza a un jour dit que les peuples ont les dirigeants qu’ils meritent. Que l’opposition en tire la lecon. Si vous voulez un changement, ne pensez pas qu’il vous viendra ni des organizations internationales, ni des pays des occidentaux. Le changement viendra de nous memes. De nous memes. Et sourtout, ne diabolisez pas les autres car personnes d’entre nous n’est saint.

    Beaucoup aujourd’hui se lamentent ou se plaignent du troisieme mandat. Que les Burundais sachent que le troisieme mandat a ete facilite par ceux qui le combattent aujourd’hui. N’est ce pas Leonce, Domicien, Minani qui ont ecrit une constitution floue, justement parce qu’ils pensaient qu’elle allait leur profiter. Je suis navre lorsqu’ils nous disent qu’ils n’ont pas voulu que le president soit elu au suffrage universel en 2005 parce qu’il y avait un mouvement encore en geurre. Et ce qui m’etonne, nous l’acceptons. Le flou constitutionel etait un calcul politique de haut niveau. Donc, parmi nos politiciens il n’ya pas de bons et de mauvais. Ils sont les memes. Pour ce faire, nous devons prendre conscience de la situation et agir en consequence.

    • Casimir

      <>???? cette citation n’est pas de Bagaza mon cher ami!!!!

    • John

      @rutake, c’est bien d’appeler à la modération. C’est noble. Le problème est que tu ne donnes aucune solution concrète car si la « dite communauté internationale s’y mêle c’est que justement il y a un problème entre les fils /filles du même pays, des mêmes collines ,des mêmes classes, cousins/cousines…..,etc. Et puis ta comparaison avec le Rwanda ne démontre absolument rien . Je ne vois même pas quand on parle des problèmes burundais on y introduit à chaque fois le voisin. Canke ni wa mwibutssa ngo umwana bamubarira ngo kubita uwo wanka agakubita uwo basangira…… »la fameuse théorie des faux jumeaux « !!!!!

    • Gacece

      @Rutake
      Le deni reste une défense légitime quand ceux qui sont censé vous comprendre ont refusé d’écouter vos arguments.

      Et vous oubliez vous aussi que vous êtes en plein dedans, sans vous l’expliquer.

      • Gacece

        Réponse postée sous ce commentaire par mégarde. Désolé!

    • Karabona

      Rutake,
      « …pourquoi sont ils selectifs dans leur denunciation de violations des droits de l’homme? Un example typique est celui du Rwanda » – votre argument ne résiste pas une seconde à un examen objectif de l’action d’Amesty International, prenez la peine de visiter leur site avant de parler, ils ont publiés 28 rapports (VINGT-HUIT RAPPORTS) sur le Rwanda depuis novembre 2008…

  5. karanga ilia

    Thérence Ntahiraja se veut optimiste : «Leurs manœuvres n’aboutiront à rien. Les Burundais, nous sommes avec Dieu.»
    Ah c’est un vrai scoop là , on ne savait vraiment pas que les « burundais ont Dieu dans leur poche »! J’imagine que c’est pour cette raison que les Imbonerakure existent ,qu’on va modifier la constitution burundaise hmmm .
    Et les autres pays sont avec Satan???

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