Vérité, Reconciliation, Justice

« Il faut rendre hommage à ceux qui ont risqué leur vie pour sauver les autres en 1972 »

C’était ce mardi 29 avril, à Bujumbura, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la commémoration des massacres de 1972.

Pour Aloys Batungwanayo, les hommes qui ont sauvé les autres durant la crise de 1972 devaient nous servir d’exemple ©Iwacu

Pour Aloys Batungwanayo, les hommes qui ont sauvé les autres durant la crise de 1972 devaient nous servir d’exemple ©Iwacu

42 ans jour pour jour commençaient des massacres de milliers de Burundais, uniquement à cause de leur appartenance ethnique. Le gouvernement de l’époque y a joué un grand rôle même si après, il a nié, souligne Aloys Batungwanayo, représentant légal de l’Association pour la mémoire et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux (Amepci Gira Ubuntu).
A cette époque, souligne-t-il, des nombreux burundais épris de paix ont risqué leurs vies pour sauver des compatriotes : « Ils devraient nous servir d’exemple dans ces jours où les Burundais cherchent difficilement à se réconcilier », insiste M. Batungwanayo. Cependant, déplore-t-il, ces personnalités sont passées dans l’oubli.

A leur sujet, de l’espoir tout de même, car « cette commémoration arrive au moment où les deux chambres du Parlement viennent de voter le projet de loi sur la CVR. Ce qui constitue une avancée significative dans le processus de recherche de la vérité. »  Pour cela, il invite  « l’État burundais à ne plus s’arrêter comme ce fût le cas en 2004. »
Pour réussir, M. Batungwanayo conseille au gouvernement à tendre la main à tous les acteurs impliqués dans ledit processus. Car, s’explique-t-il, la réconciliation ne sera pas possible si tout le monde n’est pas inclus : « Et la priorité doit être le rétablissement de la dignité des victimes, sinon la CVR serait vide de sens. »

Aux victimes, l’Amepci Gira Ubuntu leur demande de se préparer malgré les souffrances qu’ils revivront en lisant les pages du passé : « Cette épreuve leur permettra de les tourner définitivement. »

  16   Vos commentaires
  1. Naramubonye

    Ceux qui ont sauvé une personne d’une mort certaine en raison de son ethnie barafise ubwoko bavamwo: Ubwoko b’abantu. C’est tout simple en apparence mais c’est immense comme concept parce que c’est ce qui fait de nous des personnes humaines. En sauvant une vie tu fais un choix clair et sans ambiguité: celle d’affirmer l’humanité infinie de cette personne et tu confirmes que tu es son semblable. Une telle attitude demande beaucoup de courage et aussi d’ingénosité pour ne pas être victime soi-même du groupe dominant.

    il faudrait que lONG Girubuntu receuille leurs histoires, en publie quelques unes chaque année, de façon à disposer d’une masse critique qui puisse inspirer les jeunes qui grandissent aujourd’hui. Ce sont les histoires positives qui inspirentles nouvelles générations car elles leur permettent de bâtir leur avenir.

    Parce qu’ils ont agi contre leur groupe, il faut veiller à protéger leur identité.

    Pour revenir aux héros qui ont sauvé leurs voisins d’ethnie différente, cela m’a rappelé une histoire que certains connaissent déjà et qui relate les propos qu’auraient tenus deux étudiants qui se seraient découverts , par hasard, venant de la même région , celle de Mabayi et qui se seraient dits: Nous sommes les mêmes, nous sommes de Mabayi. Ceux qui les auraient vu n’en revenaient toujours pas du bonheur que ces deux là auraient éprouvés à ce moment. On dit que ces personnes seraient devenus des amis inséparables. Les hutu et les tutsi devraient apprendre à tenir ce langage: Nous sommes les mêmes, nous sommes du Burundi.

    Il faut rester conscient le monde extérieur n’éprouve pas d’émotions particulères parce que les hutu et les tutsi ne s’entendent pas. Pensez-vous que si l’étudiant de Mabayi avait choisi le silence et n’avait pas exprimé son bonheur de retrouver un ami loin de chez lui , pensez-vous que les autres étudiants auraient été dérangés? Pas du tout. Mais parce qu’ils se sont dits qu’ils étaient les mêmes, la dynamique a changé. Nous pouvons changer notre pays pour plus d’humainté et éprouver le même bonheur que nos étudiants de Mabayi.

  2. SIVYO

    TURERE DUKUZE, uri umunyamacakubiri wambere.uwicishije inkota azokwicwa n inkota. Kumbure ntawawe wabuze ico gihe.rindira ruriye abandi rutakwibagiye

  3. Nahimana

    On dirait que certains d’entre nous sont déterminés à se livrer à une compétition, pour qui son ethnie a plus souffert que l’autre. J’ai cependant l’intime conviction que nombre de nos compatriotes se trompent d’époque. Un Accord a été déjà conclu sur la question à ARUSHA en 2000. La VÉRITÉ finira par se savoir un jour . En effet, les mécanismes de justice transitionnelle prévus dans l’Accord d’Arusha, devaient permettre de qualifier les crimes commis depuis l’indépendance de notre pays et de débusquer les criminels de tous bords. Malheureusement, le Cndd-Fdd, qui compte pourtant en son sein plusieurs victimes des tragédies de 1972, a choisi de torpiller ce mécanisme en lui ôtant toute sa substance, en l’occurrence son volet judiciaire. Pourtant, si des Hutu croient dure comme fer, que les événements de 1972 constituent un génocide perpétré contre leur groupe ethnique, et ils sont en droit de le clamer haut et fort, une CVR indépendante fonctionnant selon les standard reconnus mondialement devait permettre d’établir la vérité afin de traduire en justice les « grands criminels». On peut également en dire autant des Tutsi qui expriment également leur douleur et ce presque dans les termes fortement inquisiteurs. Hélas les victimes et les innocents Hutu et Tutsi sont manipulés grâce aux ancienne methodes de « solidarité négative » qui conduisent à la « globalisation », retardant ainsi l’éclosion de la VÉRITÉ, pourtant tant souhaitée par les nombreuses victimes facilement identifiables des deux côtés.

  4. Marie

    Un gendre de Mwambutsa, un certain Ndakoze, un temps salarié dans une entreprise grecque (ces grecs furent courageux de lui octroyé un travail), a sauvé un hutu en 1972.
    Je le tiens du sauvé lui même que je connais très bien.

  5. renovat Rénovat Ndabashinze

    Chers lecteurs (trices) d’Iwacu, le journal Iwacu n’a aucune intention de minimiser les événements de 1972. La preuve en est que sur le site, il y a tout un Magazine réservé exclusivement à l’année 1972. Et dans les pages du n° qui va sortir ce vendredi, toute une page est réservée aux événements malheureux de 1972. Si je me suis permis de faire un papier sur cette conférence de presse d’Amepci Gira Ubuntu, c’est pour éviter de répéter des choses qui figurent déjà dans le Magazine ou dans d’autres lignes du Journal Iwacu. Bien à vous

    • greg

      Des « événements» ??? Pourquoi avez-vous peur d’employer le mot génocide alors que ca en était un ? En 93 c’était des événements aussi?

  6. Kanyenyeri

    Felicitation a l’association Gira Ubuntu qui releve un comportement positif.
    Ces agissements exemplaires ne devraient pas etre passe sous silence.
    Well done!

  7. nkuba

    Svp comparez la longuer de cet article ou 40 vie ont disparues et larticle de Mr renovat ndabashinze ou des milliers et des millier ont ete genocides par un gouvernement. Iwacu vous etes honteux, et haineux.

  8. Karabadogombe

    IWACU, votre article dédié à la journée fatidique du 29 avril 1972 passe avec mention médiocre! On parle de plus de 300 000 morts hutus innocents assassinés par l’ex-président Micombero et ses militaires, précédé évidemment par l’assassinat atroce du Roi Ntave V, et vous passez tout cela sous silence comme si vous étiez de mèche avec leurs bourreaux. Je ne vous demande pas de vous apitoyer sur le sort des survivants hutus burundais si on les estime aujourd’hui debout, mais non! Nous voulons une et une seule chose, que vous offriez à vos lecteurs des informations et nouvelles du jour en toute impartialité. Les hutus tout comme les tutsis voire aussi les twa sont tous burundais humains capables de faire du bien ou du mal. Nimubavuge rero uko bari sans penchant aucun.

  9. Video

    le problème ce n’est pas ça!

  10. hat

    Mr Batungwannayo, ces justes n ont pas de noms? Pourquoi ne pas les communiquer? Les bourreaux ont aussi des noms et vous les connaissez. Des noms svp! c’est un travail qui a déjà été faite en cachette.

    • Bizos

      Peut-être que c’est le journaliste qui n’a pas voulu en dire plus. Son article est trop court pour toute une conférence de presse! Son titre ne correspond qu’aux 2 premiers petits paragraphes!

      • Obama

        Pour les statistiques il faudrait que le gouvernement autorise son peuple d’aller déclarer la mort des leurs en 1972 auprès des services chargés de l’état civil au niveau de chaque commune. Comme le gouvernement de Micombero n’a pas permis aux rescapés d’organiser les moments de deuil , il faudrait que le gouvernement d’aujourd’hui instaure la journée du 29 Avril de chaque année comme un jour férié . En outre il faudrait répertorier les fosses communes afin d’y ériger des monuments géants sur lesquels on inscrirait les noms des disparus. Comme il y a eu aussi de massacres sélectifs récemment en 1993 , il faut faire pareil cad déclaration de la mort des leurs auprès de l’état civil, répertorier des fosses communes afin d’y construire les monuments en leur mémoire .

        • gloomy sunday

          Vous etes plein de sagesse Mr Obama…

        • TURERE DUKUZE

          Je suis de l’avis que l’on se souvienne de la date du 29 Avril comme anniversaire du 1er génocide des Tutsis du Burundi par la coalition UBU-Maï Maï. Ils ont récidivé en 1993

          • greg

            Des Tutsis? Tu te fous de qui? Tu n’es qu’un négationniste du génocide Hutu de 72

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