Editorial

A l’école de Mandela

09/03/2018 Léandre Sikuyavuga 14

« L’enfer, c’est les autres », dixit Jean-Paul Sartre, dans Huis Clos. La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme du Burundi, (Cnidh) vient de dénoncer la décision de l’ONU de rétrograder son statut du niveau A au niveau B. « C’est une décision injuste, qui n’est pas fondée, dans la mesure où ce processus a été mené à l’initiative d’un certain nombre d’organisations qui ont carrément un agenda politique », s’est défendu son président, lors d’une conférence de presse, lundi 5 mars.

Léandre Sikuyavuga

Dans son rapport, le sous-comité d’accréditation des Institutions nationales des droits de l’Homme, instance onusienne, lui reproche plusieurs manquements. Entre autres le manque d’indépendance, la minimisation de graves violations des droits de l’Homme commises au Burundi, l’absence de coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme et les commissions d’enquête sur ces violations.

La Cnidh avait une année pour faire ses preuves et empêcher sa rétrogradation. Au lieu d’accuser les autres organisations, surtout la société civile de ternir son image, elle aurait dû prouver sa crédibilité par un travail sur terrain. Mener une contre-enquête et démontrer par des éléments probants qu’elle a brillé pour son engagement. Les faits sont têtus. Sans jouer l’avocat du diable, le journal Iwacu retiendra que lors de la disparition de notre collègue Jean Bigirimana, le 22 juillet 2016, la Cnidh s’est montrée très peu empressée à nous aider.

Pourtant ses missions lui garantissent toute indépendance à l’égard des pouvoirs publics. Elle peut assurer, en toute indépendance, un rôle de conseil et de proposition auprès du gouvernement dans le domaine des droits de l’Homme, du droit humanitaire. C’est aussi son droit d’aviser les leaders des partis politiques qu’en cas de violation massive des droits de l’Homme, de crimes de guerre, ou de crimes contre l’humanité, ils ne pourront pas échapper à leurs responsabilités. La Cnidh peut recommander aux corps de défense et de sécurité de faire preuve de neutralité politique dans leurs missions de protéger toute la population vivant sur le territoire burundais.

Aucun patriote burundais ne devrait s’enorgueillir de cette décision qui vient de frapper notre Cnidh.

C’est un véritable coup dur pour elle qui va certainement perdre une part importante des financements extérieurs pour son fonctionnement. Mais tout n’est pas perdu, il y a toujours moyen de se relever et reprendre sa place. Mandela disait : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »

Forum des lecteurs d'Iwacu

14 réactions
  1. Gacece

    @Jereve
    Il serait intéressant d’appliquer votre logique « je perds, je gagne » au mode de fonctionnement de l’opposition. Allons! Faisons l’exercice un peu, avec votre texte.

    Voyez lees faits. Nous avons gagné des soutiens et leurs financements. Nous avons gagné des places de travail, si bien que les jeunes se forment pour venir occuper des emplois vacants. Nous avons gagné des investisseurs et des hommes d’affaires qui ont préféré venir chez nous plutôt qu’eller voir ailleurs. Nous avons gagné une bonne partie de la population qui croupit maintenant dans des camps de réfugiés. Certains des notres mènent une belle vie. Nous avons gagné une plus grande capacité de bien nourrir nos familles. Nous sommes riches. Notre monnaie a perdu de la valeur, mais ce n’est pas grave, on nous approvisionne en dollars et en euros. Notre crédibilité est au maximum. Oui, nous gagnons énormément, et nous gagnons sur tous les plans internationaux contre le gouvernement qui a des mandats politiques.

    Voilà! Si j’ai raté quelque chose, dites-le mois s’il vous plaît!

  2. Jereve

    Mandela fonctionnait sur la logique “je ne perds jamais: soit je gagne, soit j’apprends”. Eh bien chez-nous on fonctionne dans une logique tout contraire: quand je perds, je gagne. Voyez les faits. Nous avons perdu des soutiens et leurs financements. Nous avons perdu des places de travail, si bien que les jeunes se forment pour venir gonfler le rang des chômeurs. Nous avons perdu des investisseurs et des hommes d’affaires qui ont préféré aller voir ailleurs. Nous avons perdu une bonne partie de la population qui croupit maintenant dans des camps des réfugiés. Certains des nôtres ont perdu la vie. Nous avons perdu la capacité de bien nourrir nos familles. Nous sommes pauvres. Notre monnaie a perdu de la valeur. Nous perdons de plus en plus notre crédibilité… Oui, nous perdons énormément, mais nous gagnons des mandats politiques.

  3. Gacece

    @roger crettol
    Si vous y avez cru, tant mieux! Mais je ne fais pas partie du comité qui descerne des prix récompensant les niveaux d’excellence dans le sarcasme.

    Vous avez quand même oublié l’essentiel : qu’avez-vous deviné? Je veux au moins 3 réponses.

  4. Stan Siyomana

    @Znk
    A ce que je sache, ce n’est que dernierement que l’on a commence a utiliser l’expression “mauvaise ethnie” (du moins sur le site Iwacu-burundi.org).
    Moi je n’ai fait que poser une question.

  5. roger crettol

    @ Gacece

    Merci de vos louanges – je me sens déjà en route vers le Nobel de littérature. Après, toutefois, le concierge de chez mon amie du bord du lac, qui s’immortalise à coups de notes administratives placardées dans l’ascenseur ou la cage d’escalier …
    En route pour la gloire, moi, le crétin des Alpes ?

    Reste que la CNIDH devrait en réalité s’appeler CNIDH-Nyakuri (si c’est bien ainsi que cela s’écrit),

  6. Znk

    Je croyais que vous étiez blindé, vous, contre ce genre de propos!

  7. Gacece

    ^*flammèches

  8. Gacece

    @roger crettol
    Si on ne sentait pas du sarcasme dans vos propos, vous pourriez aussi devenir un contre-guide-suprême-eternel. C’est déjà dans vos phalanges! Vous écrivez tellement excellemment!

    Mais vous êtes bien trop modeste pour accepter de vous remonter (le contraire de rabaisser) à un niveau aussi excellent!

    Au Burundi, il pleut déjà. C’est la saison! Et les broussailles ne peuvent plus prendre vos flamèches! On aime la pluie, sauf quand elle est diluvienne. La modération quand même!

    Gardez donc votre feu de broussailles là où vous êtes! Comme cela il ne brûlera que vous (ou vos broussailles!), à défaut de vous réchauffer.

    Soit dit en passant, on adore qu’un seul « Guide éternel » : Dieu! L’autre, nous le voulons comme « guide permanent », jusqu’à ce que le Guide éternel le rappelle à lui. Et vous n’y pouvez rien, sauf faire ce que vous faites déjà. Devinez, mais ne vous arrêtez pas à une seule réponse!

  9. roger crettol

    On allume des feux de broussailles pour n’avoir pas à réfléchir à la mauvaise note attribuée à la CNIDH et à la gestion de droits de la personne humaine au Burundi.

    Tout semble subordonné à des questions d’appartenance politique, et cette appartenance quasi religieuse exige qu’on réfute mécaniquement toute critique qui toucherait son domaine d’appartenance. Les facteurs dits ethniques ne sont plus prépondérants, mais le Burundi semble condamné à être divisé en blocs qui se détestent avec un profond enthousiasme.

    La question des droits de la personne humaine au Burundi ? On connaît suffisamment de cas, malgré l’auto-censure que l’on pressent, pour estimer qu’ il peut bien y avoir là un problème. Et puis 400 mille ressortissants burundais sont encore réfugiés à l’étranger, et ne se pressent pas de rentrer. Dernièrement, des réfugiés ont quitté les camps congolais pour – non, pas pour retourner au Burundi, mais bien pour se réfugier au Ruanda. La vie dans les camps doit être paradisiaque …

    Tout cela n’est que jappements devant les bastions du pouvoir, que rien n’inquiète. On lit par ailleurs qu’un glorieux Guide Suprême (et éternel !?!) a été trouvé dans les rangs du parti au pouvoir, après de longues et exténuantes recherches. Tout va donc aller pour le mieux. Il ne reste plus qu’à sortir le pavois du Temple pour porter ce Guide en triomphe, sous les acclamations d’une populace en adoration.

    Il est inutile de mettre le feu aux broussailles. Adorons !

  10. Stan Siyomana

    @Jean Habonimana: “Mauvaise ethnie”
    Si l’on considere l’histoire du Burundi et les differentes tragedies de 1965, 1969, 1972, 1993, 2015, quelle victime est de la “mauvaise ethnie”, et quelle victime ne l’est pas?.

  11. Gacece

    @Happy
    La seule chose qui est vrai dans votre commentaire est que « on ne peut pas bâtir un pays sur le mensonge ».

    Quant à ce qui est de la réalité, vous et moi savons que chaque individu la perçoit à sa propre ou à sa sale manière.

    Et si vous me plaignez et avez mal pour le pays, je suis persuadé que c’est par mépris et dédain contre « les gens sur qui le pays compte réellement.

    Vous aussi, continuez comme cela!

  12. Happy

    @Gacece, que vous êtes de mauvaise foi! Où voyez-vous la haine dans le commentaire de Jean Habonimana??? Il nous exhorte plutôt à renouer avec les valeurs sociales pour sortir le pays de cette calamité. On ne peut pas bâtir un pays sur le mensonge, la corruption, l’oppression, l’injustice, la cupidité. Vous refusez de voir la réalité, vous êtes un aveugle volontaire. Le pays ne peut pas compter sur des gens comme vous pour sortir du gouffre. Je vous plains…et j’ai mal pour le pays…

  13. Gacece

    @Jean Habonimana
    … ridicules honneurs… … mauvaise ethnie… … le Burundi est perdu…

    Décidément, plus créatif que vous dans le camouflage d’une haine ethnique aussi flagrante, on meurt!

    Dites donc tant qu’à faire! Dites-nous quelle est cette maivaise ethnie. Et la bonne? Et la meilleure? Et l’excéllente? Et la pire? Et la moins pire? Et la triomphante? Et la perdante? Et la gagnante? Et la perdante? Et la plus sacrée? Et la moins sacrée? Et la maudite? Et la plus maudite? Et la moins maidite?… …

    Si vous continuez comme cela, vous allez finir par donner une ethnie individuelle à chaque personne vivant au Burundi, y compris les étrangers qui y sont en visite plus courte, moins courte, courte, moins longue, longue, plus longue et plus que plus longue!

    J’ai une solution plus simple : coninuez à nous saouler de cette manière! Au moins cela restera uniquement dans le net! Au lieu de rester dans votre coeur.

    Et moi je vous promets que petit à petit, petit à grand, et grand à grand, vous allez finir par vous rendre compte que vous égosiller de la sorte ne va qu’inévitablement vous mener dans une vide que vous êtes entre de vous créer vous mêmes! Et personne d’autre ne vous y rejoindra!

    Restez cet ardent défenseur de la haine, on vous aime mieux comme cela!

  14. Jean Habonimana

    Le plus grand malheur d’une nation est la perte des valeurs morales: la verite, l’integrite et la sacralite de la vie humaine. Le Burundi est perdu pour longtemps car le regime triomphant est fonde sur le meurtre, le mensonge et la cleptocratie. Le plus riche pays d’Afrique et meme du monde, la RDC, est miserable parce que Mobutu a detruit toute valeur morale. La CNDH aurait pu sauver des milliers de jeunes de la mauvaise ethnie que ne demandaient qu’a vivre leurs vies si elle etait dirigee par des gens convaincues de la sacralite de la vie humaine. Le procureur general s’est mis au service du crime contre l’humanite. Il aurait pu sauver tant de jeunes. La Cour constitutionnelle aurait pu empecher la catastrophe la nation mais les menaces et la corruption ont ete plus fortes. Et pourtant, un procureur general de 26 ans, Leonard Nduwayo, a refuse de condamner des innocents en 1971 malgre les terribles pressions militaires et regionalistes. Ayant subi des injustices comme enfant orphelin, il avait jure de ne jamais commettre une injustice. En 1972, il protegera les biens des veuves victimes du contre-genocide. Ne parlons pas de la venalite de l’UPRONA qui depuis 2005 a vendu la population qu’il devait proteger, pour quelques sous et les ridicules honneurs qu’offre le pouvoir.

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