Politique

2015 : un processus électoral mal coté

De toutes les élections tenues au pays, Augustin Nkengurutse et Frère Emmanuel Ntakarutimana, conférenciers à l’atelier organisé par Initiatives et Changement- Burundi, retiennent que celles de 2015 ont été sous haute tension politique. 

De gauche à droite : Frère Emmanuel Ntakarutimana, Léonidas Nijimbere (chef du projet Consolidation de la paix à ICB) et Augustin Nkengurutse, à l’évaluation du processus électoral de 2015

De gauche à droite : Frère Emmanuel Ntakarutimana, Léonidas Nijimbere (chef du projet Consolidation de la paix à ICB) et Augustin Nkengurutse, à l’évaluation du processus électoral de 2015

Du 31 août au 1er septembre. La salle baptisée « salle du dialogue » au siège de l’ONG Initiatives et Changement-Burundi Tugenderubuntu accueillait des leaders politiques, religieux, civiles, etc. autour de la thématique ‘Le processus électoral de 2015 touchant à sa fin, quelles sont les leçons apprises ?’.

Le cadre d’échange offert ces deux jours, souligne Pie Ntiyankundiye, vice-président d’ICB, interpelle tout le monde à réfléchir profondément, s’exprimer sans faux fuyant sur l’environnement politique actuel, le rôle des leaders politiques pour qu’il y ait un climat politique apaisé.

Malgré les divergences sur le processus électoral de 2015, M. Ntiyankundiye constate que la poursuite du dialogue sous la médiation régionale et internationale s’impose : « Il est inévitable si nous voulons réussir le pari. »

« Un processus émaillé d’évènements d’une extrême gravité »

Pour Me Nkengurutse, tout part de 2010.La contestation des résultats des élections communales, indique-t-il, a conduit au boycott par l’opposition du reste des scrutins. L’insécurité généralisée, l’exil des leaders politiques, la mise en place d’une Ceni non consensuelle, l’éclatement des partis, la contestation des Cepi et Ceci, le retrait de l’église catholique, etc. n’auguraient rien de bon.

Aux élections de 2015, Me Nkengurutse remarque encore le boycott par les partis de l’opposition, l’absence des observateurs nationaux et internationaux, la proclamation tardive des résultats, des rapports accablants des observateurs de la Menub et de l’EAC de nature à compromettre le caractère crédible.

Il s’étonne que le président de la République et celui de la Ceni se complaisent à déclarer que les élections de 2015 se sont très bien déroulées : « Est-ce par conviction ou simple euphémisme ? »

Pour Augustin Nkengurutse, si les institutions issues des élections sont en place aujourd’hui, il y a une réalité que d’aucuns ne peut occulter : « Le processus électoral de 2015 a été émaillé d’évènements d’une extrême gravité qui l’ont profondément perturbé et lui laisseront des séquelles sans doute pour longtemps. » Il s’agit notamment : des manifestations très sévèrement réprimées, tentative de coup d’Etat du 13 mai, exil de la population, destruction des médias, échec de la médiation, retour hélas des assassinats ciblés, etc. : « Que du pain sur la planche pour les nouveaux élus ! »

Des élections sous une ambiance électrisée

Frère Emmanuel Ntakarutimana, deuxième conférencier, fait savoir qu’il est témoin d’une grande fièvre politique. Selon lui, elle a souvent entraîné des nervosités, des accusations mutuelles dégénérant en confrontations, en actes de violence et même en graves violations des droits de l’homme.

La manipulation et l’utilisation des jeunesses, poursuit-il, en particulier celles affiliées à des partis politiques, ont singulièrement été remarquables : « Nous en avons tous été témoins, l’ambiance électorale de 2015 aura été des plus électrisées dans l’histoire de ce pays. » Il déplore les pertes en vies humaines, les séquelles psychologiques des différents traumatismes, les dommages causées par la destruction des infrastructures, la perte des biens, la désarticulation du capital social (surtout dans la ville de Bujumbura et ses alentours ainsi que sur la ceinture nord et sud-est du pays).

Ce moment de crise, conseille-t-il, peut être une occasion favorable pour un sursaut qualitatif national, comme ça a été le cas en 1988 et de 1993 à 2000, sortir du syndrome d’immunodéficience électoral.

  13   Vos commentaires
  1. Gitega

    Reference c’est sont des grands dictateurs qui sont elus a 90%-100% soyez serieux, le taux de participation des elections est forte dans les pays des dictatures! Je vous repose la question : »as-tu l’idee de ce que vivre dans nos pauvres communautes? Toi si tu etais opposants, tu crois que tu peux ne pas voter, ou voter aisement pour l’opposition!!! SVP ne cherchez pas a guerrir le mal Burundais en brandissant toujours les « fameuses elections » dont vous connaissez les issues! S’il vous plait J’ai eu a superviser, observer, les elections et je connais la realite! Je connais la realite tous ceux qui votent Nkurunziza ne sont pas ses fans forcement.. .Il suffit d’avoir quelques 5 imbonerakure dans un coin de 1000personnes(souvent pauvres et illetres) pour intimiter voir même reprimer pour diriger l’opinion!! !! SVP nos gens sont manupilables.. .. . Alors vous qui dites que le peuple a vote EN PEU DE MODERATION! souvenez vous taylor Charles a ete massivement elu, Hitler, paul Pote,… .. Si vous suivez au moins l’actualite, parfois J’ai peur que NON… OU VOUS NE VOULEZ QUE MANIPULER NOS PEUPLES POUR VOS PROPRES INTERETS PERSONNELS….

  2. Abarundi tube maso kandi twiyumvire neza:

    1) Mbega abanyamahanga bazoza kudusha ni bande badafise ingorane iwabu ? Canke bazodufashiriza iki ? Kubera kuko bakunda abarundi cane ?Nta baza kudufasha kandi iwabu hameze nabi kuruta i Burundi ?
    2) Ingorane ziri mu Burundi zimeze nk’ingorane ziri mu muryango ( problème familial) . Qu’on le veuille ou pas les Hutu et les Tutsi constituent une famille. Il faudra d’abord se rendre compte que c’est un problème familial. Les enfants qui doivent gérer ensemble leur héritage (le Burundi). Dans ce cas nous devons nous asseoir ensemble et trouver des solutions tutagumuwe n’abanyamahanga. C’est nous seuls qui subirons les conséquences de tout ce qui va se passer. Ko mbona bamwe bavuga ngo turikumwe n’Uburaya n’Amerika, abandi nabo ngo turikumwe n’Urusiya n’Ubushinwa. None kw’abo bosi atawugomba kw’intambara ibera mu gihugu ciwe, ni twebwe abarundi tuzokwemera ko bagwanira mu Burundi ? Ninde azotsinda intambara ? Ar’utsinzwe cank’utsinze, bazoca bisubirira i wabu natwe dusigare turarya ivu.

  3. ivyo vya matora bigarutse gute moi personelement je suis contre le 3e mandat de Nkuru mais la velite nuko abarundi benshi,cane cane bato bato bakunda NKURU cane,kuko ama sondage menshi aravyerekana.jewe nbona oposition ikwiye kuja hamwe iki tegura election
    ya 2020.nayo gukoresha inguvu ntaho bizodushikana,kuko na KAGAME yofashije,biraboneka ko igisirikare cuburundi acubaha donc nta
    shobora gukora iyo risque.jewe nbona ko dukwiye kwigira kuri benewacu baba nyamurenge exp.azalias RUBERWA nabandi bobazi ivyo bintu neza.kuva nakera narindi hatwara umwami ingabo zuburundi zarwanira inbibe zigihugu bataravye ubwoko bwabo.kandi nubu niko bizogenda.je dit ca pasque je sais ibitegurirwa hano IKIGALI.

  4. MANA

    Il me semble qu’on dérape dans les débats ! Ce n’est pas la question des élections qui est posée mais la validité du 3ème mandat de NKURUNZIZA point.

  5. Mutama

    Je suis decu par Monsieur Augustin Nkengurutse. Il etait parmi les gerants du processus electoral de 2010. Peut-il confirmer que la CENI dont il faisait partie a truque les elections? Sinon, pourquoi se plaindre d’une CENI 2015 « non-concensuelle » etant donne que tout cela etait seulement du au caprices insatiables de l’opposition? Les elections se sont-elles bien deroulees comme n’a cesse de le repeter les president? Oui, parce que le peuple a vaincu les fauteurs de troubles qui pensaient que le processus n’etait pas possible. Les provocations de Pacifique Nininahazwe et consorts ont echoue. L’insurrection, le coup d’Etat, la violence telle que voulue par ces fossoyeurs. La grande majorite des burundais sont tranquilles. Qu’est-ce que vous voulez?

    • burunwa

      Uti t’es deçu par Mr Nkengurutse ou bien c’est parce qu’il dit ce que tu ne veux pas entendre.

      Uti la grande majorité des Burundais sont tranquilles? Y’a t-il des Burundais à opprimer donc?

  6. duciryaninukuri

    A Bujumbura oui chez nous la peur venait de ce que vit la capitale.
    Mal côté par qui? Soyons raisonnable et remarquons quand même le taux de participation. Essayer de le comparer aux élections ce fussent que des USA ou de la FRANCE: quel constat?
    Entre le noir et le blanc revonnaissez au moins qu’il y a le gris et arrêter cette façon maladive ou incomplète de dire ce qui s’est passé.
    Ne me censurez pas même si vous ne partageriez pas mes visions. Ça ne fait pas de mal au contraire ça provoque une ouverture d’esprit.

    • Yves

      « Mal côté par qui? ». Par la presque totalité de la communauté internationale, à l’exception rare de quelques dictateurs amis, de la Russie (juste pour ennuyer les Occidentaux) et la Chine (qui y a un intérêt économique).
      « remarquons quand même le taux de participation »… il n’y eu aucune instance indépendante digne de ce nom pour vérifier l’exactitude du taux de participation, cet argument n’a aucun poids
       » Essayer de le comparer aux élections ce fussent que des USA ou de la FRANCE: quel constat? » Et bien, figurez-vous qu’en France ou aux Etats-Unis, il n’y a eu ni intimidations des juges de la Cour Constitutionnelle, ni violences physiques à l’encontres d’opposants, ni de fuite de réfugiés par milliers dans des pays limitrophes… on continue la comparaison ?

      • Ingeso y’urugo ntiyubakira urundi. Jamais le Burundi ne sera comme les USA ou la France. Tureke gutabagurana ngo turondera gutwagwa nk’uko mu mahanga batwagwa. Ugaya ah’uba, rikarenga arih’uri. Ivyo kugaruka ku ku kuntu amatora yagenze n’ubundi buryo bwo kudusamaza no gukomeza kutwibutsa ko turi mu gihugu c’ingorane gusa. Ariko siko biri, kw’isi hariho ibihugu bifise ingorane nini rwose gusumba Uburundi. Ni muve hasi ah’ubwo tubwubake. Nayo aboba bashaka ko dusubira mu zindi ngorane nk’izo muri ya myaka yahise, nibaza ko ata vyo bazogerako, kuko turazi ko ar’abakozi ba Satani. Yesu ni we yivugiye ati: Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge (Jean 8: 44). Va hasi tucubake, intambara, insaku n’ibihuha ntaho bizodushikana Atari kwa Satani!

        • rubagabaga

          Mr miburo,à qui s,adresse votre citation?
          « vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père.il a été meurtrier dès le commencement et ils ne se tient pas dans la vérité,parce qu’il n’y a pas des vérité en lui.lorsque il profere le mensonge ,il parle de son propre fonds ,car il est menteur et le père du mensonge »peut être as tu laissé chacun coller cette citation à qui il veut.

          • Rubagabaga, il faut relire mon commentaire pour savoir à qui s’adresse ma citation. Je suis totalement apolitique. Je ne pointe du doigt personne, seulement, qui se sent morveux, qu’il se mouche.

      • Sina

        Yves, pouvez-vous me dire exactement que pensent les Chiliens, Mexicains, Dominicains, Irlandais, Norvégiens, Tadgiks, Arméniens, Yéménites, Jordaniens, Maltais, Hongrois, Allemands, Espagnols, Marocains, Guinéens, Togolais, Tchadiens, Gabonais, Namibiens, Mozambicains, Malgaches, Seychellois, Indiens, Afghans, Coréens, Japonais, Australiens, les habitants des îles Tonga, les Argentins, etc…des élections au Burundi en 2015 et du 3e mandat de PN. Je doute fort que ces peuples soient au courant de ce qui se passe au Burundi. Est-ce que ces pays, et tous les autres que je ne pouvais pas citer ici, font partie de la communauté internationale à ton avis? Je pense que oui. Sont-ils insensibles aux problèmes des autres peuples? Je pense que non. Doivent-ils aider les burundais à se choisir de bons dirigeants? Hypothétiquement, oui. Mais, si nous les burundais sommes incapables de comprendre comment fonctionne la démocratie, comment ta dite communauté internationale peut-elle nous aider? En nous asphyxiant économiquement, comme le leur demandent certains? En nous envahissant comme l’auraient souhaité d’autres? Ou alors en nous fournissant des armes et en nous tapant dans le dos pour que nous nous exterminions les uns les autres, comme en Syrie? Non, mon cher. Les problèmes du Burundi doivent être résolus par les burundais, dans le contexte d’un dialogue entre burundais. Les politiciens burundais doivent apprendre à se connecter avec le peuple et ainsi pouvoir prétendre à être légitimé par des élections. Recourir au soutien étranger en ignorant les élections n’est qu’un signe de faiblesse et d’immaturité politique. Je vous assure que si l’opposition avait participé aux scrutins au lieu d’inciter la population à la désobéissance, elle serait bcp mieux vue par le peuple et respectée par cette même opinion internationale. Au cas où la victoire électorale leur aurait été volée, le peuple serait paisiblement descendu dans la rue pour réclamer sa victoire. Malheureusement, ceux qui manipulent cette opposition ne respectent ni la démocratie ni la souveraineté des peuples. Ils ne défendent que leurs intérêts économiques!

        • Yves

          La communauté internationale se définit effectivement en théorie comme étant l’ensemble des pays appartenant à l’ONU. Il fallait ici le comprendre dans le sens : tous les pays ayant un lien direct (économique, partenariat, régional) avec le Burundi.
          Ce que vous souhaitez est très théorique : bien sûr, dans le meilleur des mondes, le dialogue intra-burundais aurait été la meilleure solution. Mais le gouvernement au pouvoir n’a jamais eu l’intention de dialoguer, mais bien de passer en force quelqu’en soit le prix. Je ne perdrai pas de temps à aligner les évidences. Une chose est certaine : seule une pression extérieure de la communauté internationale saura faire infléchir Nkurunziza et sa mission divine… ou pas. Mais il n’y a pas d’autres alternatives. Ce genre de personne accroc au pouvoir ne comprend que ce langage-là. Penser le contraire, c’est croire au bisounours … vous y croyez au bisounours ?

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